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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2301867

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2301867

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2301867
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre
Avocat requérantSELAS CABINET DEVARENNE ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 août 2023, complétée par un mémoire enregistré le 19 avril 2024 qui n'a pas été communiqué, M. B E, représenté par la SELAS Devarenne Associés Grand Est, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 avril 2023 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Marne a rejeté son recours contre la décision du 30 janvier 2023 mettant à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 6 558,37 euros ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Marne de communiquer les décisions attaquées et de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Marne la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'indu litigieux n'est pas fondé dès lors qu'il a déclaré son changement de situation auprès des services de la CAF et que son fils, C, âgé de vingt ans, est à sa charge depuis l'année 2020.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, la caisse d'allocations familliales de la Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'au regard des éléments fournis par la mère de son fils et par son fils lui-même, plus circonstanciés que les siens et, plus particulièrement, la convention de divorce établie le 24 octobre 2010 et s'imposant aux services de la CAF, M. E ne peut être considéré comme assumant sa charge effective et permanente.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Deschamps pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Deschamps, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1.Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

2.D'une part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". A termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge () ". A termes de l'article L. 842-7 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; () ". A termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; () / 3° Des enfants et personnes à charge remplissant les deux conditions suivantes : / a) Ouvrir droit aux prestations familiales ou avoir moins de vingt-cinq ans et être à la charge effective et permanente du bénéficiaire () ".

3. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales de la Marne a notifié le 30 janvier 2023 à M. E un indu de prime d'activité d'un montant de 6 558,37 euros, cette décision ayant été produite en défense. Si une convention de divorce du 24 octobre 2010 a désigné le domicile de la mère comme résidence habituelle du fils du requérant, il soutient l'avoir à sa charge depuis 2020. Pour étayer ses propos, il produit un certificat de scolarité justifiant de la scolarisation de son fils au D F à Châlons-en-Champagne. Toutefois, il résulte de l'instruction, que la mère de leur enfant a, par une attestation sur l'honneur du 11 octobre 2022, affirmé avoir la charge effective et permanente de leur enfant et a justifié ses propos au travers d'éléments circonstanciés et détaillés. D'autre part, son fils a lui-même produit une attestation du 13 octobre 2022 aux services de la CAF attestant vivre chez sa mère et ne se trouver chez son père, pour des raisons pratiques de lieu de scolarisation, que du lundi au jeudi. De ce fait, le certificat de scolarité fourni par le requérant ne peut, à lui seul, justifier qu'il a la charge effective et permanente de son fils. Enfin, si M. E prenait en charge certaines dépenses de son fils et lui versait de l'argent de poche, la production de relevés bancaires, dont le requérant souligne l'importance des dépenses d'alimentation sans que cela ne permette en tout état de cause d'établir que ce serait au bénéfice de son fils, ne permettent pas d'établir que celui-ci devait être rattaché à son foyer. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la caisse d'allocations familiales de la Marne lui a notifié un indu de prime d'activité. Sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

A. DESCHAMPSLe greffier,

signé

A. PICOT

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