jeudi 31 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301941 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête n°2301941 enregistrée le 25 août 2023, et des pièces le 29 août, Mme B A, représentée par Me Aurélie Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2023, notifié le 24 août 2023, par lequel la préfète du Bas-Rhin, préfète de la région Grand Est a prononcé à son encontre une assignation à résidence dans le département des Ardennes d'une durée de 45 jours, assortie d'une obligation de se présenter chaque mardi et jeudi hors jours fériés, entre 9 et 10 heures à l'endroit
du commissariat de police de Charleville-Mézières ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application
des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi
du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- sa situation personnelle n'a pas fait l'objet d'un examen complet ;
- la décision attaquée n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux
de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'information préalable sur ses droits et obligations, en méconnaissance de l'article R. 732-5 du code de l'entrée
et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le formulaire prévu par l'article R. 732-5 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui a pas été remis ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu être accompagnée d'une personne de son choix et notamment d'un conseil ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu être assistée d'un interprète dûment qualifié ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, en méconnaissance de l'article L. 732-1 et de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté attaqué méconnaît sa liberté d'aller et venir ;
- il méconnait son droit à la vie privée et familiale en violation des stipulations
de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne peut se rendre au commissariat de police de Charleville-Mézières chaque mardi et jeudi, hors jours fériés de 9h à 10h, compte tenu de son état de grossesse avancé et de son éloignement géographique.
Par un mémoire en défense enregistrée le 29 août 2023, la préfète du Bas-Rhin, préfète de la région Grand Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil
du 26 juin 2013 ;
- l'arrêté du ministre de l'intérieur du 2 octobre 2018 portant régionalisation
de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile dans la région Grand Est ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Gabon, avocate, représentante de Mme A qui précise d'une part, qu'un certificat médical du centre hospitalier de Charleville-Mézières produit le 29 août 2023 relève l'impossibilité d'effectuer de grands trajets en voiture en raison de son état de grossesse, dont il est produit également un planning des visites médicales obligatoires prévues jusqu'au 11 octobre 2023 constituant une absence de perspective raisonnable en vue d'un transfert vers l'Italie, d'autre part, que l'arrêté attaqué ne mentionne pas l'état de grossesse de Mme A ce qui caractérise une insuffisance de motivation, enfin, que la préfète du Bas-Rhin ne justifie pas les raisons qui ont présidées au report
des modalités d'exécution de l'arrêté initial de transfert.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, de nationalité guinéenne, née le 1er janvier 1997
à Conakry, est entrée irrégulièrement sur le territoire français afin d'y retrouver son concubin et de fuir son pays d'origine où elle était persécutée, selon ses déclarations. Elle a sollicité
des autorités françaises une demande d'asile le 6 février 2023. La consultation du fichier Eurodac a permis d'établir que l'intéressée avait sollicité l'asile auprès des autorités italiennes avant de faire enregistrer une demande similaire en France. La préfète du Bas-Rhin a par conséquent saisi ces dernières d'une demande de reprise en charge. Les autorités italiennes ayant accepté, le 3 avril 2023, de reprendre en charge l'intéressée, la préfète du Bas-Rhin a décidé de son transfert vers l'Italie, par un arrêté du 30 mai 2023. La préfète du Bas-Rhin a pris le 10 juillet 2023 un arrêté portant assignation à résidence à l'encontre de Mme A qui n'a pas été suivi d'exécution. Par un arrêté du 18 août 2023, notifié à l'intéressée
le 24 août 2023, la préfète du Bas-Rhin, a renouvelé l'assignation à résidence
dans le département des Ardennes pour une durée de 45 jours avec obligation de se présenter deux jours par semaine au commissariat de police de Charleville-Mézières. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté précité.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la demande
de la requérante, il y a lieu d'accorder à la requérante le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Lorsqu'un Etat requis a refusé de prendre en charge ou de reprendre en charge l'étranger, il est immédiatement mis fin à l'assignation à résidence édictée en application du présent article, sauf si une demande de réexamen est adressée à cet Etat dans les plus brefs délais ou si un autre Etat peut être requis. En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article ou placé en rétention administrative, n'a pas déféré à la décision de transfert dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire peut être à nouveau assigné à résidence en application du présent article. ".
5. Il ressort, d'une part, d'un certificat médical du service gynécologie obstétrique
du centre hospitalier de Charleville-Mézières en date du 25 juillet 2023, que Mme A est enceinte depuis 7 mois, à la date de la décision attaquée et que le terme prévisible
de sa grossesse se situe au 31 octobre 2023, d'autre part, un second certificat médical, émanant de ce même service en charge du suivi de la requérante, produit le 29 août 2023 relève qu'en raison de l'état de grossesse de celle-ci, elle ne peut accomplir de " grand trajet en voiture ". Si ce dernier certificat médical est établi postérieurement à la date de la décision attaquée, il vient révéler une situation antérieure de Mme A. Ainsi, en retenant que l'assignation à résidence de Mme A, en vue de son transfert vers l'Italie constituait
une perspective raisonnable, alors qu'elle ne peut décemment accomplir de transfert au vu
de cet état, comme il vient d'être dit, la préfète du Bas-Rhin a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation, ayant conduit à une erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de l'arrêté
du 18 août 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin, l'a assignée à résidence pendant 45 jours dans le département des Ardennes en vue de son transfert vers l'Italie avec obligation
de se présenter au commissariat de police de Charleville-Mézières chaque mardi et jeudi, hors jours fériés, de 9h à 10h.
Sur les frais non compris dans les dépens :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat
une somme de 1200 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris
dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté de la préfète du Bas-Rhin, préfète de la région Grand Est est annulé.
Article 3 : L'Etat versera à Me GABON, avocate de Mme A, une somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37
du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la préfète du Bas-Rhin, préfète de la région Grand Est et à Me Aurélie Gabon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
M. CLe greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026