jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 août 2023, Mme C D A B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 août 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aube a mis à la charge de son mari un indu de prime d'activité d'un montant de 558,60 euros sur la période du 1er septembre 2021 au 31 mai 2022.
Elle soutient que l'élevage de chiens à titre dérogatoire ne procure que de faibles revenus et qu'elle est de bonne foi.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'indu résulte d'une minoration des revenus professionnels déclarés par son mari et que la situation financière du foyer ne justifie pas de remise de dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter
les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice
ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales
et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par cette commission se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales a, à tort, interprété la contestation d'un indu de prime d'activité que lui avait adressée la requérante comme une demande de remise gracieuse de cette dette. Par la présente requête, Mme D A B conteste le bien-fondé d'un indu de prime d'activité d'un montant de 558,60 euros sur la période du 1er septembre 2021 au 31 mai 2022 adressé à son mari.
4. La caisse d'allocations familiales de l'Aube expose, sans être contredite, que l'indu correspond à une minoration des revenus professionnels déclarés par M. D A au regard des montants figurant dans ses déclarations fiscales. Dès lors, si la requérante invoque les difficultés à dégager des bénéfices par l'activité d'élevage de chiens qu'elle exerce et se prévaut de sa bonne foi, ces circonstances ne sont pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'indu concerné. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. ELa greffière,
signé
I. ROLLAND
N°2301952
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