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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2302034

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2302034

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2302034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 septembre 2023, Mme B E

et M. D C, agissant pour le compte de leur fille mineure A, doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision révélée par laquelle

le recteur de l'académie de Reims a limité à dix heures l'aide humaine par un accompagnant d'élève en situation de handicap au profit de cette dernière et n'a pas mis en œuvre l'accompagnement par un service d'éducation spéciale et de soins à domicile.

Ils soutiennent que :

- la durée de l'aide humaine par un accompagnant d'élève en situation de handicap est insuffisante pour faire face aux besoins de leur enfant ;

- s'ils ont été destinataires d'un ordinateur portable, l'accompagnement par un service d'éducation spéciale et de soins à domicile ne sera pas mis en œuvre avant deux années ;

- l'absence d'aide à l'utilisation de l'ordinateur portable en classe est de nature à faire prendre encore plus de retard à leur enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er avril 2024 le recteur de l'académie

de Reims conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maleyre, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. A Brihaye-Geoffroy, née le 3 mai 2009 et atteinte de dyslexie ainsi que de dysorthographie, est scolarisée en classe de quatrième au titre de l'année scolaire 2023/2024. Par deux décisions des 15 mai 2020 et 1er juillet 2022, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDPAH) de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Ardennes lui a attribué une aide mutualisée par un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH-m) et un accompagnement par un service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD). Ses parents ont présenté une demande de renforcement

de sa prise en charge, qui a été refusée par une décision de la MDPH du 17 mars 2023.

Mme E et M. C, agissant pour le compte de leur fille mineure A, doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision révélée par laquelle le recteur de l'académie de Reims a limité à dix heures l'aide humaine par un AESH et n'a pas mis en œuvre l'accompagnement par un service d'éducation spéciale et de soins à domicile.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 351-3 du code de l'éducation : " Lorsque la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles constate que la scolarisation d'un enfant dans une classe de l'enseignement public ou d'un établissement mentionné à l'article L. 442-1 du présent code requiert une aide individuelle dont elle détermine la quotité horaire, cette aide peut notamment être apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap (). / Si cette scolarisation n'implique pas une aide individuelle mais que les besoins de l'élève justifient qu'il bénéficie d'une aide mutualisée, la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles en arrête le principe et en précise les activités principales. Cette aide mutualisée est apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap () / Les modalités d'application du présent article, notamment la désignation des personnes chargées de l'aide mentionnée aux deux premiers alinéas et la nature de l'aide, sont déterminées par décret ". Aux termes de l'article D. 351-16-1 du même code : " L'aide individuelle et l'aide mutualisée mentionnées à l'article L. 351-3 constituent deux modalités de l'aide humaine susceptible d'être accordée aux élèves handicapés. Un même élève ne peut se voir attribuer simultanément une aide mutualisée et une aide individuelle. Ces aides sont attribuées par la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles et intégrées dans le plan personnalisé de compensation du handicap mentionné à l'article L. 146-8 du même code. La commission se prononce sur la base d'une évaluation de la situation scolaire de l'élève handicapé, en prenant en compte notamment son environnement scolaire, la durée du temps de scolarisation, la nature des activités à accomplir par l'accompagnant, la nécessité que l'accompagnement soit effectué par une même personne identifiée, les besoins de modulation et d'adaptation de l'aide et sa durée ". Aux termes de son article D. 351-16-2 : " L'aide mutualisée est destinée à répondre aux besoins d'accompagnement d'élèves qui ne requièrent pas une attention soutenue et continue. / Lorsqu'elle accorde une aide mutualisée, la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles définit les activités principales de l'accompagnant ". Son article D. 351-16-3 dispose : " L'aide mutualisée accordée à un élève lui est apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap () Cet accompagnant des élèves en situation de handicap peut être chargé d'apporter une aide mutualisée à plusieurs élèves handicapés simultanément () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles : " Une commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées prend, sur la base de l'évaluation réalisée par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, des souhaits exprimés () par son représentant légal s'il s'agit d'un mineur (), les décisions relatives à l'ensemble des droits de cette personne, notamment en matière d'attribution de prestations et d'orientation, conformément aux dispositions des articles L. 241-5

à L. 241-11 () ".

4. Si Mme E et M. C soutiennent que leur enfant a besoin d'un volume horaire d'AESH supérieur aux dix heures accordées par l'éducation nationale, ils ne produisent aucun élément à l'appui de leurs affirmations, alors que, notamment, la CDPH, par une décision du 17 mars 2023, a considéré que la situation A ne nécessitait pas la mise en place de mesures supplémentaires d'accompagnement.

5. Si les requérants soutiennent également que la mise en place du SESSAD n'interviendra pas avant deux années, ils n'articulent aucun moyen de légalité à l'appui de cette critique.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision révélée du recteur de l'académie de Reims.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme E et M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à M. D C

et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Reims.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

P. H. MALEYRELe président,

Signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

Signé

A. PICOT

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