jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2023, Mme F C, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 1er juin 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé son transfert aux autorités italiennes ;
3°) d'enjoindre à la préfète de faire droit à sa demande en se déclarant compétente pour examiner sa demande d'asile, à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le signataire de l'arrêté attaqué est incompétent ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il n'est pas intervenu au terme d'un examen complet de sa situation personnelle ;
- elle n'a pas été informée du droit d'avertir son consulat, d'être assistée par un conseil de son choix et de formuler des observations ;
- l'Italie n'est pas l'Etat responsable de sa demande d'asile au titre des dispositions de l'article 12 du règlement (UE) 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas qu'elle l'a reçue en entretien individuel comme l'exige l'article 5 du règlement précité, ni qu'elle lui a délivré les informations exigées par l'article 4 du même règlement ;
- elle n'a pas été informée de la saisine des autorités italiennes et la préfète ne justifie pas avoir obtenu l'accord des autorités italiennes ;
- l'arrêté lui a été notifié sans qu'elle soit entendue et informée de ses droits ;
- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que la préfète n'a pas tenu compte de sa capacité à voyager.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lambing, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambing, magistrate désignée,
- les observations de Me Gabon, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et soutient en outre que les notifications des brochures ont été faites, l'une avec un format de date manuscrit et l'autre dactylographié, et qu'il y a un doute quant au caractère électronique de la signature, que l'entretien ne fait pas mention de son auteur, que les conditions d'accueil dans le camp en Italie étaient difficiles et qu'au vu de la situation actuelle en Italie avec l'accueil massif de migrants, ses conditions matérielles d'accueil seront nécessairement inhumaines d'autant qu'elle est une femme isolée ;
- les observations de Mme C qui fait part de ses conditions d'accueil en Italie.
La préfète n'étant ni présente ni représentée, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante camerounaise née en 1998, est entrée en France de manière irrégulière afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. La consultation du fichier Eurodac a permis d'établir que l'intéressée a franchi irrégulièrement la frontière des autorités italiennes dans les douze mois précédent l'introduction de sa première demande d'asile. Ces autorités ont été saisies, le 9 février 2023, d'une demande de prise en charge. Les autorités italiennes ont donné leur accord explicite le 6 avril 2023. Par un arrêté du 1er juin 2023, notifié le 24 août 2023, la préfète du Bas-Rhin a décidé de transférer l'examen de la demande d'asile de Mme C aux autorités italiennes. L'intéressée demande l'annulation de cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Par un arrêté du 6 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de la région Grand Est a donné délégation à M. A E, directeur des migrations et de l'intégration, à effet de signer tous actes relevant des attributions de sa direction, et subdélégation à Mme B D, cheffe du pôle régional Dublin et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer notamment les arrêtés de transfert. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit dès lors être écarté.
4. En application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
5. En l'espèce, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment l'article 13-1 du règlement (UE) n° 604/2013 du Conseil du 23 juin 2013, et fait état des considérations de fait qui la motivent, notamment la circonstance que la consultation du fichier Eurodac a permis d'établir que l'intéressée a franchi irrégulièrement la frontière des autorités italiennes dans les douze mois précédent l'introduction de sa première demande d'asile. Par suite, la décision est suffisamment motivée et le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme C, au vu de l'ensemble des éléments de sa situation, portés à la connaissance de l'administration.
7. Aux termes de l'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du second alinéa de l'article L. 742-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. (). Cette décision est notifiée à l'intéressé. Elle mentionne les voies et délais de recours ainsi que le droit d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. Lorsque l'intéressé n'est pas assisté d'un conseil, les principaux éléments de la décision lui sont communiqués dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend. ".
8. Si les conditions de notification d'une décision administrative peuvent avoir une incidence sur l'opposabilité des voies et délais de recours, elles sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, la requérante ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué ne lui a pas été notifié selon les modalités prévues par les dispositions citées au point précédent.
9. Aux termes de l'article 13 du règlement européen du 26 juin 2013 : " 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) n°603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un Etat membre dans lequel il est entré en venant d'un Etat tiers, cet Etat membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière. / 2. Lorsqu'un Etat membre ne peut pas, ou ne peut plus, être tenu pour responsable conformément au paragraphe 1 du présent article et qu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, que le demandeur qui est entré irrégulièrement sur le territoire des Etats membres ou dont les circonstances de l'entrée sur ce territoire ne peuvent être établies a séjourné dans un Etat membre pendant une période continue d'au moins cinq mois avant d'introduire sa demande de protection internationale, cet Etat membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / Si le demandeur a séjourné dans plusieurs Etats membres pendant des périodes d'au moins cinq mois, l'Etat membre du dernier séjour est responsable de l'examen de la demande de protection internationale ".
10. Mme C soutient qu'elle a demeuré pendant plus de cinq mois sur le territoire italien avant de pénétrer en France. Cette circonstance, à la supposer établie, n'est pas de nature à démontrer que les autorités françaises étaient responsables de l'examen de sa demande d'asile par application des dispositions précitées de l'article 13.2 du règlement, dans la mesure où elle n'établit pas avoir séjourné dans un autre Etat membre pendant une période continue d'au moins cinq mois avant d'introduire sa demande de protection internationale auprès des autorités françaises. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 13.2 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit être écarté.
11. D'une part, aux termes des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement. () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe. / 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
12. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / () 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme C s'est vue délivrer, à l'occasion de l'enregistrement de sa demande d'asile à la préfecture de la Haut-Rhin le 7 février 2023, les deux brochures d'information dites " A " (J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande d'asile ') et " B " (Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie '). Ces brochures, qui ont été délivrées en français, langue que l'intéressée a déclaré comprendre, constituent les documents mentionnés au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement précité et contiennent l'intégralité des informations prévues au paragraphe 1 de cet article. Si Mme C émet un doute à l'audience quant aux éléments produits en défense, sans formellement contester avoir signé de sa main propre les deux notifications des brochures A et B, il ne ressort pas des pièces du dossier que la notification comportant une date dactylographiée serait revêtue d'une signature électronique, dès lors que cette signature est légèrement différente de celles figurant sur la seconde brochure et sur l'entretien individuel. Cette légère différence tend à démontrer que la signature a bien été apposée par le requérante le 7 février 2023 et que cette dernière a bien reçu les informations requises. Par ailleurs, ces brochures ont été remises à Mme C le 7 février 2023, soit en temps utile avant que n'intervienne la décision en litige. Enfin, l'entretien individuel, qui a eu lieu à cette dernière date, a donné lieu, également en temps utile, à l'établissement d'un résumé paraphé et signé par Mme C. Contrairement à ce que soutient l'intéressée qui n'assortit son moyen d'aucune précision, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet entretien n'aurait pas été confidentiel et qu'il n'aurait pas été conduit par une personne qualifiée pour ce faire. En outre, aucune disposition du règlement (UE) n° 604/2013 n'impose que le compte-rendu doive mentionner l'identité de l'agent de la préfecture qui a conduit l'entretien individuel. Dès lors, la circonstance que le nom ou la qualité de cet agent ne figureraient pas sur ce compte-rendu n'est pas de nature à démontrer, à elle seule, que celui-ci n'aurait pas été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. Enfin, il ne résulte d'aucun texte que la préfète aurait l'obligation de communiquer à l'étranger faisant l'objet d'une procédure de reprise en charge par un autre Etat membre de l'Union européenne le résumé de l'entretien au cours duquel il a été entendu en application des stipulations précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
14. Il ne ressort d'aucune disposition législative ou réglementaire qu'il soit fait obligation à l'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de cette demande de notifier au demandeur la saisine de ces autorités et la décision d'acceptation prise par cet État membre requis.
15. Les dispositions de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile imposent, notamment, que l'information qu'elles prévoient soit communiquée, une fois la décision notifiée, au plus tard lors de la première présentation de l'assigné à résidence aux services de police ou de gendarmerie. Il en résulte que l'absence d'information telle que prévue par cet article est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, laquelle s'apprécie à la date de son édiction.
16. Au surplus, si, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour, il n'implique pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur les décisions accompagnant cette décision, et en particulier l'assignation à résidence, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
17. En l'espèce, Mme C a bénéficié le 7 février 2023 d'un entretien individuel lors duquel elle a été mise en mesure de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur les mesures envisagées. En outre, elle ne démontre pas qu'elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision contestée et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à cette décision. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que son droit à être entendu aurait été méconnu.
18. Il s'ensuit que Mme C ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué lui aurait été notifié le 24 août 2023, sans qu'elle soit entendue et informée de ses droits, ce moyen relevant des conditions de notification d'un acte administratif.
19. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
20. La requérante soutient que le transfert de l'examen de sa demande d'asile en Italie portera atteinte à son droit au respect de leur vie privée et familiale. Toutefois, alors qu'elle a déclaré lors de son entretien individuel être isolée en France, Mme C n'apporte pas d'éléments de nature à établir qu'un transfert en Italie méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs situations personnelles.
21. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". La requérante soutient qu'en cas de transfert en Italie, elle sera exposée à des conditions d'accueil désastreuses assimilables à de tels peines ou traitements. Toutefois, Mme C n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations permettant d'établir que sa demande d'asile ne pourra pas être examinée dans le respect du droit d'asile en cas de transfert en Italie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
22. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de la requérante doit être écarté.
23. L'arrêté attaqué indique que Mme C n'a fait état d'aucun problème de santé lors de son entretien individuel et n'établissait pas être dans l'impossibilité de retourner en Italie. Il ressort de l'entretien produit en défense que la requérante n'a pas indiqué avoir des difficultés pour voyager. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait des problèmes de santé qui feraient obstacle à son transfert en Italie. Par suite, contrairement à ce que soutient la requérante, la préfète du Bas-Rhin s'est ainsi prononcée sur sa capacité à voyager et n'a pas commis d'erreur de droit. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, de même que les demandes présentées par son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les surplus de conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, à Me Aurélie Gabon et à la préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé
S. LAMBINGLa greffière,
Signé
S. VICENTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026