jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2023, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 7 août 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Ardennes a limité à 222,60 euros le montant de la remise gracieuse d'un indu de prime d'activité en laissant à sa charge un montant de 667,80 euros.
Il soutient que les conseillers de la CAF lui aurait indiqué, à tort, qu'il avait le droit, en plus de ses revenus issus d'un contrat d'engagement de service civique, au bénéfice de la prime d'activité et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le requérant ne pouvait bénéficier de la prime d'activité et que la remise partielle a été effectuée en prenant en compte sa situation financière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. M. C, qui bénéficiait de la prime d'activité, a, à tort, perçu celle-ci alors qu'il effectuait un service civique du 15 novembre 2022 au 14 juillet 2023. Il a demandé à la caisse d'allocations familiales des Ardennes la remise gracieuse de l'indu de prime d'activité qui en est résulté pour un montant de 890,40 euros, et celle-ci a limité le montant de cette remise gracieuse à 220,60 euros, laissant à sa charge un montant de 667,80 euros. Il n'est pas contesté que lui-même et sa mère ont évoqué son contrat d'engagement de service civique lors de démarches entreprises auprès de la caisse d'allocations familiales, et sa bonne foi ne saurait être remise en cause. Il n'est pas non plus contesté ni qu'il ne perçoit plus aucun revenu à l'issue de ce contrat, ni que, s'il est hébergé par sa mère qui subvient à ses besoins, celle-ci dispose de ressources limitées du fait d'un arrêt de maladie alors qu'elle doit également assumer la charge du frère du requérant. Dans ces conditions, il doit être regardé comme se trouvant dans une situation de précarité qui justifie la remise du solde de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 août 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Ardennes n'a accordé qu'une remise partielle de la dette de M. C est annulée.
Article 2 : Une remise totale de la dette d'un montant de 890,40 euros résultant d'un indu de prime d'activité est accordée à M. C.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Ardennes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. BLa greffière,
signé
I. ROLLAND
N°2302101
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026