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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2302265

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2302265

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2302265
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantANTONIAZZI-SCHOEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 octobre 2023 et le 2 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Chalon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 août 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Haute-Marne l'a placée au 5ème échelon de son grade, à effet du 1er août 2023 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Haute-Marne la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est illégale dès lors que, par arrêté du 28 mars 2017, elle a été placée par erreur au deuxième échelon de son grade avec une reprise d'ancienneté au 1er juillet 2015, ce qui a impacté toute l'évolution de sa carrière ;

- la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité de traitement entre fonctionnaires placés dans une situation comparable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2023, et un mémoire, enregistré le 3 janvier 2025 après la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué, le centre hospitalier de la Haute-Marne, représenté par Me Antoniazzi-Schoen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 5 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 23 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 2010-1139 du 29 septembre 2010 portant statut particulier du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés de la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 2016-639 du 19 mai 2016 modifiant les décrets relatifs à l'organisation des carrières de certains corps paramédicaux de la catégorie A de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Amelot, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a été recrutée en qualité d'infirmière le 20 août 2012 au sein du centre hospitalier de la Haute-Marne, sous contrat de remplacement, sans discontinuité jusqu'au 31 décembre 2015. Titularisée à compter du 1er janvier 2017, l'intéressée a été placée au 5ème échelon de son grade, à effet du 1er août 2023, par une décision du directeur du centre hospitalier de la Haute-Marne en date du 2 août 2023 dont elle demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 7 du décret n° 2016-639 du 19 mai 2016 : " I. - Les membres du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés régis, à la date du 1er janvier 2017, par le décret du 29 septembre 2010 susvisé et les agents détachés dans ce corps, sont reclassés conformément aux dispositions suivantes : Les infirmiers en soins généraux et spécialisés relevant, à la date du 1er janvier 2017, du premier grade mentionné à l'article 2 du décret du 29 septembre 2010 susvisé sont reclassés dans leur grade conformément au tableau de correspondance suivant : / Situation antérieure / Premier grade du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés / Echelons () 3è échelon / Nouvelle situation / Premier grade du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés / Echelons () 2è échelon / Ancienneté conservée dans la limite de la durée de l'échelon / Ancienneté acquise () ".

3. Il ressort des pièces du dossier qu'au 1er janvier 2017, date de l'entrée en vigueur du tableau de reclassement figurant à l'article 7 du décret du 19 mai 2016, la requérante était classée au troisième échelon de son grade à l'indice majoré 382, avec une ancienneté dans cet échelon au 1er juillet 2015. En conséquence de la réforme indiciaire issue de ce décret, Mme A a été à bon droit reclassée au deuxième échelon de son grade à l'indice 392, avec conservation de l'ancienneté acquise, ce qui correspond ainsi à une progression indiciaire alors même qu'elle passait du troisième échelon au deuxième échelon. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 2 août 2023 est entachée d'illégalité, par suite de l'erreur figurant dans la décision de titularisation du 28 mars 2017 plaçant la requérante au deuxième échelon de son grade avec une date d'ancienneté au 1er juillet 2015, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, Mme A ne peut utilement comparer sa situation avec celles de ses collègues qui ont été soumis aux mêmes dispositions concernant leur reclassement et qui ont bénéficié de reprises différentes de l'ancienneté selon leurs situations spécifiques. Ce moyen doit, par suite, être écarté, sans qu'il soit besoin de procéder à la mesure d'instruction sollicitée par la requérante tendant à la production d'élément permettant d'établir le déroulement de carrière d'autres agents de l'établissement.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 2 août 2023 par laquelle elle a été placée au 5ème échelon de son grade, à effet du 1er août 2023, sans qu'il soit besoin d'ordonner au centre hospitalier de la Haute-Marne de communiquer les décisions de stagiarisation, de titularisation et d'avancement d'échelon de quatre collègues.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de la Haute-Marne qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier de la Haute-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de la Haute-Marne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de la Haute-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Amelot, premier conseiller,

M. Joseph Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.

Le rapporteur,

signé

F. AMELOT

Le président,

signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

signé

A. PICOT

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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