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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2302314

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2302314

vendredi 29 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2302314
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 octobre 2023, Mme A B, représentée Me Focachon, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n° 51-2023-468

du 18 août 2023 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour,

l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays à destination duquel elle serait susceptible d'être éloignée en cas d'exécution contrainte.

Elle soutient que :

- elle justifie de circonstances exceptionnelles justifiant son maintien

sur le territoire français ;

- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 8

de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public,

sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Henriot, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante géorgienne née le 10 mars 1959, est entrée irrégulièrement en France le 3 novembre 2021. Elle a sollicité, le 24 novembre 2022,

la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 18 août 2023, le préfet de la Marne a refusé

de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai

de 30 jours, et a fixé le pays à destination duquel elle serait susceptible d'être éloignée en cas d'exécution contrainte. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " Aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est établie en France depuis le 3 novembre 2021, où elle réside chez son fils, titulaire d'un titre de séjour, et ses petits-enfants. Elle expose par ailleurs que la sœur de son fils est une ressortissante française. Néanmoins, Mme B, qui a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 62 ans, et dont la présence en France est relativement récente, ne fait état d'aucune intégration particulière. Dès lors, elle ne démontre pas le transfert de ses intérêts personnels ou familiaux en France ni ne caractérise l'existence de considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. Dans

ces conditions, les décisions attaquées n'ont pas porté au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, en édictant l'arrêté attaqué, le préfet de la Marne n'a pas méconnu ni

les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde

des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° 51-2023-468 du 18 août 2023 du préfet de la Marne.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet

de la Marne.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Henriot, conseiller,

Mme Alibert, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. HENRIOTLe président,

Signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

Signé

A. PICOT

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