vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302409 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2023, M. B A C, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet
de la Marne a refusé de l'autoriser à être rejoint au titre du regroupement familial ainsi que
la décision du 24 mars 2023 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de l'autoriser à être rejoint au titre
du regroupement familial et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter
de la notification du présent ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros à verser à Me Gabon au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée a été édictée par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée a été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- le préfet de la Marne a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation en refusant de l'autoriser à être rejoint par sa compagne au motif qu'il ne disposerait pas
des ressources nécessaires ni d'un logement décent ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de la Marne a produit, le 15 novembre 2023, des pièces qui ont été communiquées.
M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale
par une décision du 8 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public,
sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot, conseiller ;
- et les observations de Me Gabon représentant M. A C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant soudanais né le 4 juillet 1973, est entré, en France le 28 décembre 2004. Il bénéficie d'un droit au séjour depuis le 5 juillet 2006 en qualité
de réfugié. Il a sollicité, le 22 novembre 2021, l'autorisation d'être rejoint par son épouse
de nationalité éthiopienne. Par un arrêté du 12 juillet 2022, le préfet de la Marne a rejeté
sa demandé. Par un courrier reçu par la préfecture le 14 septembre 2022, M. A C a formé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 24 mars 2023, le préfet
de la Marne a rejeté ce recours gracieux. M. A C demande au tribunal l'annulation
de l'arrêté du 12 juillet 2022 et de la décision du 24 mars 2023 portant rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes :
1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ;
2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique () ". Aux termes de l'article L. 561-2 du code précité : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 561-3 du même code : " La réunification familiale est refusée :
1° Au membre de la famille dont la présence en France constituerait une menace pour l'ordre public ou lorsqu'il est établi qu'il est instigateur, auteur ou complice des persécutions et atteintes graves qui ont justifié l'octroi d'une protection au titre de l'asile ; 2° Au demandeur ou au membre de la famille qui ne se conforme pas aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. ". Selon les dispositions de l'article L. 561-4 de ce code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A C s'est vu reconnaître
la qualité de réfugié le 5 juillet 2006. Dès lors, sa demande tendant à ce qu'il soit rejoint
par son épouse est régie par les dispositions précitées des articles L. 561-2 à L. 561-4 du code
de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la réunification familiale, lesquelles ne prévoient pas que le rejet de la demande puisse être fondé sur les ressources
du demandeur ni sur la qualité de son logement. Par suite, en faisant application à la demande
de M. A C des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile le préfet de la Marne, ce qui l'a conduit à fonder son refus
sur des critères qui ne sont pas applicables, a commis une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que l'arrêté en litige du 12 juillet 2022 du préfet de la Marne doit être annulé.
5. Le présent jugement implique uniquement le réexamen de la demande
de M. A C. Par conséquent, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Marne,
sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative,
de réexaminer la demande de M. A C dans un délai d'un mois à compter
de la notification du présent jugement.
6. M. A C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, Me Gabon, son avocate, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code
de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances
de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gabon de la somme
de 1 200 euros, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant
à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Marne du 12 juillet 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Marne de réexaminer la demande de M. A C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Gabon la somme de 1 500 euros sur le fondement
des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi
du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gabon renonce à percevoir la somme correspondant
à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, au préfet de la Marne, ainsi qu'à Me Gabon.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Henriot, conseiller,
Mme Alibert, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. HENRIOTLe président,
Signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026