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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2302480

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2302480

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2302480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 octobre 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 25 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne a limité à 612,34 euros le montant de la remise gracieuse qu'elle lui a accordée concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 2 449,35 euros, laissant à sa charge le remboursement d'une somme de 1 837,01 euros.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser cette dette.

Par un mémoire enregistré le 6 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dépourvue de conclusions et que la commission de recours amiable a pris en compte la situation financière de la requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

3. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu, d'un montant de 2 449,50 euros pour la période de janvier 2022 à juin 2023, trouve son origine dans la déclaration en tant que salaires d'indemnités journalières d'arrêt de maladie perçues par son mari et de l'omission de déclaration de salaires perçu par son mari en mai 2022, juin 2022, décembre 2022 et janvier 2023 en complément de ces indemnités journalières. Alors que l'erreur de déclaration des indemnités journalières présente un caractère involontaire et que les omissions de déclaration de salaires présentent un caractère ponctuel, aucun élément du dossier ne permet d'écarter la bonne foi de la requérante. Les éléments figurant dans le budget produit par celle-ci présentent un caractère probant, dès lors qu'il a été établi avec l'aide d'une conseillère en économie sociale et familiale du département, et ce budget fait état d'un reste à vivre pour le foyer de 55,40 euros par mois. Toutefois, il convient de prendre également en compte, au titre des ressources du foyer, le montant de la prime d'activité, qui peut être évalué à 265 euros par mois. Dans ces conditions, la précarité de la situation de la requérante ne justifie pas une remise supplémentaire de sa dette, et sa requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

A. CLa greffière,

signé

I. ROLLAND

No 2302480

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