jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 13 décembre 2023 et 19 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Focachon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2023 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Elle soutient que l'arrêté porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rifflard, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 10 septembre 1973, déclare être entrée en France le 9 avril 2016 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 16 mars 2022, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de la Marne. Par un arrêté du 24 novembre 2023, le préfet de la Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait susceptible d'être éloignée. Par sa requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Mme B invoque sa présence continue en France depuis 2016. Il ressort des pièces du dossier qu'elle a été hébergée chez sa mère à Aubervilliers, avant d'être, à compter de 2022, hébergée chez un tiers à Châlons-en-Champagne, ce dernier attestant subvenir à ses besoins. Si elle peut se prévaloir de la présence de sa mère, laquelle dispose d'une carte de résident valable jusqu'au 5 juillet 2024, il ressort des termes non contestés de l'arrêté du préfet de la Marne que sa sœur ne dispose en revanche pas d'un droit au séjour. Si Mme B fait également état de la présence en France pendant des décennies de son père, qui était titulaire d'une carte de résident, il est constant que ce dernier est décédé en 2016. Il n'est pas contesté par Mme B, qui est célibataire et sans enfant, que ses autres frères et sœurs résident au Maroc où elle a vécu jusqu'à l'âge de 42 ans. Si elle soutient qu'elle justifie d'une intégration sociale, elle n'apporte toutefois aucun élément au soutien de cette allégation. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, l'arrêté en litige n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Marne.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026