mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302920 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP AUBERSON DESINGLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2023, M. F A et Mme D E, représentés par la SCP Auberson - Desingly, demandent au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert en vue de détermine la cause et l'origine des désordres affectant leur propriété.
Ils soutiennent que :
- au cours de l'année 2010, la commune de Revin a fait réaliser des travaux de voirie dans la rue Blanqui, devant leur domicile ;
- par une lettre du 5 septembre 2011 ils ont informé le maire de la commune de Revin que, suite aux travaux effectués en 2010, des écoulements d'eau ont été constatés dans la cave de leur maison via des fuites dans les regards ;
- en 2012, une expertise contradictoire, confiée à la société Saretec a été diligentée par leur protection juridique ; alors que diverses malfaçons ont été constatées sur le montage des regards, rien n'a été fait pour remédier aux désordres ;
- en 2017 une seconde expertise a eu lieu concluant que l'existence de malfaçons n'était pas contestable et que celles-ci conduisent à un défaut d'étanchéité des ouvrages ; l'expert a indiqué n'avoir eu aucune information transmise par la ville quant aux investigations envisagées et ce, malgré l'engagement du directeur des services techniques ;
- un constat d'huissier a été réalisé le 27 avril 2021 ;
- une troisième expertise fut réalisée en 2022 ;
- aucune intervention n'est intervenue à part la réalisation de joints de caniveaux ;
- ils se sont rapprochés du délégué du défendeur des droits à Charleville-Mézières, lui indiquant que leur maison bougeait, que des fissures sont apparues un peu partout et que lors des fortes pluies de janvier 2023, un craquement a eu lieu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2024, la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse, représentée par la SELARL Ahmed Harir, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Elle fait valoir que :
- s'il était établi que les désagréments et désordres invoqués par les requérants trouvent leur origine dans un dysfonctionnement du réseau pluvial, sa responsabilité ne saurait être retenue puisque, par délibération n° 2019-06-127 du 11 juin 2019, relative au transfert des compétences Eau et Assainissement des communes, sont exclues les eaux pluviales, de sorte que le maître d'ouvrage resterait inchangé, à savoir la commune de Revin, et que les défaillances d'exécution incomberaient à la société Rongère, qui a exécuté les travaux de voirie, couverte par son assureur ;
- en raison de l'existence de la délégation de service public à la société Veolia - eau compagnie générale des eaux, toute défaillance dans l'exécution de travaux ou dans l'entretien, incomberait à cette société ;
- les travaux en cause ont été réalisés sous un précédent contrat du 3 décembre 1996.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, la commune de Revin, représentée par la SCP Ledoux Ferri Riou-Jacques Touchon Mayolet, demande au tribunal de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Les mesures d'expertise demandées par M. A et Mme E entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à leur demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B G, demeurant au 10 C rue d'Avat à Coupéville (51240) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres qui sont visés dans la requête et qui affectent la maison d'habitation de M. A et Mme E, située au 13 rue de Blanqui à Revin, en indiquant leur date d'apparition ;
2°) examiner et décrire l'ensemble des travaux de voirie et d'assainissement réalisés par la commune de Revin dans la rue Blanqui et en particulier aux abords de l'immeuble des requérants ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant notamment s'il existe un lien de causalité avec les travaux de voirie que la commune de Revin a fait réaliser ;
4°) dans le cas où plusieurs causes seraient à l'origine des désordres, préciser dans quelle proportion elles peuvent être imputées à chacune d'elles, ainsi que la part pouvant être imputée aux différents intervenants impliqués dans leur survenance ;
5°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;
6°) donner son avis motivé sur la demande chiffrée présentée par les parties tendant à l'évaluation du coût des travaux ;
7°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires avant le 30 septembre 2024. L'expert notifiera lui-même les copies aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F A, à Mme D E, à la commune de Revin, à la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse, à la société Véolia Eau - Compagnie Générale des Eaux et à M. B G, expert.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 16 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
O. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026