jeudi 4 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302945 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | GAFFURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Gaffuri, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 11 septembre 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé de son transfert aux autorités croates, pour l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin de l'admettre au séjour et de le mettre en mesure de saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) de sa demande d'asile. A titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à Me Gaffuri, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé en fait et en droit ;
- la préfète n'a pas pris en compte les critères hiérarchisés déterminés par l'article 7 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- elle a méconnu l'article 17 du même règlement en estimant qu'elle n'avait pas, par dérogation, à examiner la demande d'asile qu'il avait formée ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la décision en litige porte atteinte à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 janvier 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. M. C, de nationalité afghane, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 8 février 2023 et y a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. La consultation du fichier Eurodac a permis d'établir que l'intéressé était entré dans l'union européenne, via la Croatie dans les douze mois précédent l'introduction de sa demande d'asile. Saisies d'une demande de réadmission le 20 juin 2023, les autorités croates ont expressément donné leur accord le 18 août 2023 pour examiner la demande de l'intéressé. Par un arrêté du 11 septembre 2023, notifié le 13 décembre 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé de transférer l'examen de la demande d'asile de M. C aux autorités croates. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
2. L'arrêté attaqué comporte mention des textes dont la préfète a fait usage et des faits qui l'on conduit à prendre sa décision. Il est donc suffisamment motivé.
3. Aux termes de l'article 7 du règlement n° 604/2013 : " Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. / 2. La détermination de l'État membre responsable en appli cation des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un État membre. / 3. En vue d'appliquer les critères visés aux articles 8, 10 et16, les États membres prennent en considération tout élément de preuve disponible attestant la présence sur le territoire d'un État membre de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent du demandeur, à condition que lesdits éléments de preuve soient produits avant qu'un autre État membre n'accepte la requête aux fins de prise ou de reprise en charge de la personne concernée, conformément aux articles 22 et 25 respectivement, et que les demandes de protection internationale antérieures introduites par le demandeur n'aient pas encore fait l'objet d'une première décision sur le fond ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la préfète s'est fondée sur le 1° de l'article 13 du règlement précité pour déterminer que les autorités croates étaient responsables de l'examen de la demande d'asile du requérant. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas allégué que l'intéressé se trouvait dans l'un des cas prévus aux articles 8 à 12 de ce règlement à l'égard desquels, en vertu du 1° de l'article 7 du règlement précité, sa situation devait être examinée, avant qu'elle ne le soit au regard de l'article 13 du même texte. Il suit de là, que le requérant n'établit pas qu'en ne faisant référence qu'à ce dernier article, la préfète aurait méconnu l'obligation d'examen de sa situation au regard de critères hiérarchisés.
5. La simple circonstance que le requérant souhaite que sa demande d'asile soit examinée en France, ne permet pas d'établir que la préfète aurait méconnu les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 qui prévoient les cas où, un Etat à qui il ne revient pas l'obligation d'examiner une demande d'asile peut, à titre dérogatoire, se charger de cet examen. Si l'intéressé fait valoir qu'il ne peut voyager sans risques vers la Croatie et que sa demande n'y sera pas traitée, ces allégations qui ne sont étayées d'aucun élément, ne permettent pas d'établir que la préfète se serait à tort abstenue d'appliquer les dispositions de l'article 17 du règlement susvisé.
6. Enfin, si l'intéressé se prévaut d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ne fournit, là encore aucun élément de nature à établir que la décision en cause méconnaitrait ses stipulations.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Gaffuri et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2024.
Le magistrat désigné, La greffière,
SignéSigné
O. B S. VICENTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026