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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2302994

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2302994

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2302994
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 décembre 2023, complétée par un mémoire enregistré le 7 juin 2024, M. A B, représenté par Me Karasu, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Aube lui a retiré

sa carte de résident et l'a obligé à la restituer sans délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui restituer sa carte de résident dans le délai

de huit jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'arrêté est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant ;

- il méconnait le principe de loyauté ;

- les faits antérieurs d'emploi irrégulier ne sont ni caractérisés ni établis ;

- aucune menace à l'ordre public ne saurait être retenue ;

- il est disproportionné par rapport aux conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle.

Par un mémoire enregistré le 29 janvier 2024, la préfète de l'Aube conclut au rejet

de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public,

sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Deschamps, président,

- et les observations de Me Karasu représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 2 mai 1968 est entré sur le territoire français

le 5 avril 2004. Le 21 juin 2023, la préfète de l'Aube l'a informé de son intention de lui retirer

sa carte de résident et de lui attribuer une carte de séjour temporaire. Par décision

du 24 octobre 2023, la préfète de l'Aube lui a retiré sa carte de résident et lui a délivré une carte de séjour temporaire. M. B conteste cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ". Aux termes de l'article L. 8251 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ".

3. La décision attaquée rappelle la situation administrative de M. B depuis

son arrivée sur le territoire français, fait état de sa situation professionnelle et personnelle

et de ses antécédents judiciaires. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen sérieux

de sa situation doit être écarté.

4. M. B soutient que l'administration a violé le principe de loyauté en s'abstenant d'agir de bonne foi. Ce moyen n'est toutefois pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

5. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par le requérant qu'en sa qualité

de gérant de la SARL MIR BAT, il a employé son fils alors que celui-ci ne disposait pas d'autorisation de travail. Par ailleurs, postérieurement au dernier renouvellement de sa carte

de résident, le 5 septembre 2018, M. B a fait l'objet, le 8 octobre 2018, le 25 novembre 2021 et le 15 mars 2022, de trois nouvelles condamnations à des peines d'emprisonnement pour récidive de conduite d'un véhicule à moteur malgré l'injonction de restituer le permis de conduire. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des faits, et compte tenu de ce que la décision de retrait n'est pas assortie d'une mesure d'éloignement et délivre au requérant une carte de séjour temporaire lui permettant de se maintenir régulièrement sur le territoire français, la préfète de l'Aube n'a pas pris à son encontre une sanction disproportionnée ni n'a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Aube, la requête de M. B doit être rejetée, y compris

les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Aube.

Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

Mme Alibert, première conseillère ;

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

signé

B. ALIBERT

Le président,

signé

A. DESCHAMPSLe greffier,

signé

A. PICOT

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