vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GAFFURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2024, M. A B , représenté
par Me Gaffuri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° BE 2023-341-002 du 7 décembre 2023 par lequel la préfète
de l'Aube lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé à 30 jours son délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné par la contrainte dans l'hypothèse où il se maintiendrait sur le territoire au-delà de ce délai ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer une carte temporaire de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans
le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte
de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Gaffuri.
au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi
du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est illégal en l'absence d'examen particulier de sa situation par la préfète de l'Aube ;
- la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnait les articles L. 435-1 et L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits
de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences
sur sa situation personnelle.
- la décision d'obligation de quitter le territoire français est illégale par voie
de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de refus de l'obtention du statut de réfugié ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences
sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2024, la préfète de l'Aube conclut
au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
du 23 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public,
sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Alibert,
- et les observations de M. B.
1. M. B, ressortissant géorgien né le 13 février 1981, est entré régulièrement
sur le territoire français le 19 janvier 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA
le 28 juillet 2019. Cette décision a été confirmée par la cour nationale du droit d'asile
le 14 novembre 2019. M. B a sollicité en 2020 son admission exceptionnelle au séjour.
Sa demande a été rejetée le 4 janvier 2021. Il a alors fait l'objet d'une obligation de quitter
le territoire français dans un délai de trente jours et d'une interdiction de retour pendant deux ans. Le 21 septembre 2022, M. B a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 7 décembre 2023, la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect
de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est présent sur le territoire français
depuis 2018. Il est père d'un enfant né en France le 23 juillet 2022 de son union avec Mme C, ressortissante arménienne titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable
jusqu'au 19 janvier 2025. Si le couple est séparé depuis juin 2023, date de la dissolution
de leur pacte civil de solidarité, Mme C atteste héberger son ancien partenaire et témoigne
de l'implication de M. B dans l'éducation et l'entretien de leur fils. M. B produit
des attestations de proches et des photographies permettant de constater sa présence auprès
de l'enfant et sa contribution à son éducation. Par suite, le refus de titre de séjour et l'éloignement de M. B aurait pour conséquence une rupture du lien avec son enfant qui ne pourrait alors
le rejoindre en Géorgie. Ainsi, l'arrêté litigieux méconnait les stipulations de l'article 8
de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens
de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Aube a rejeté a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé à 30 jours son délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné par la contrainte dans l'hypothèse où il se maintiendrait sur le territoire au-delà de ce délai.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Aube de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gaffuri, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État,
de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Gaffuri en application
des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° BE 2023-341-002 de la préfète de l'Aube en date du 7 décembre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Aube de délivrer à M. B un titre de séjour portant
la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 200 euros à Me Gaffuri, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Gaffuri renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la préfète de l'Aube
et à Me Gaffuri.
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
Mme Alibert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
La rapporteure,
signé
B. ALIBERT
Le président,
signé
A. DESCHAMPSLe greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026