mercredi 8 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP PELLETIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2024, complétée par un mémoire enregistré le 13 décembre 2024 présenté par Me Pelletier, Mme B C épouse A, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Marne lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 4 650,15 euros,
2°) d'annuler la décision du 21 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse concernant cet indu.
Elle soutient que :
- le montant cumulé des trois indus excède le montant perçu au titre de la prime d'activité ;
- le premier prélèvement a été opéré avant que l'indu ne lui soit notifié ;
- sa situation financière est précaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de la Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requérante a omis de déclarer la rente d'accident de travail que son conjoint perçoit à compter du mois de mai 2021. Par ailleurs, le couple aurait déclaré des revenus conséquents au mois de janvier et février 2024 leur permettant d'épurer, par le biais d'un échelonnage, leurs dettes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique,
les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A est bénéficiaire de la prime d'activité.
Le 11 juillet 2022 lui a été notifié un indu d'un montant de 1 681,83 euros pour la période de décembre 2020 à mai 2021, et le tribunal a prononcé la remise gracieuse de cette dette par un jugement n°2300451 du 27 octobre 2023. Par une décision du 20 septembre 2022, elle s'est vu notifier un deuxième indu d'un montant de 5 038,68 euros pour la période de mars 2021
à juin 2022. Un troisième indu lui a été notifié par une décision du 9 mai 2023 correspondant à un montant de 4 650,15 euros pour la période de décembre 2021 à avril 2023. En faisant état, dans la demande adressée le 22 juin 2023 à la caisse d'allocations familiales de la Marne d'un montant cumulé d'indus de prime d'activité supérieur aux prestations reçues à ce titre
sur la période correspondante, la requérante doit être regardée non seulement comme demandant la remise gracieuse de ce dernier indu, ainsi que l'a compris la caisse d'allocations familiales, mais également comme en contestant le bien fondé.
Sur le bien-fondé de l'indu d'un montant de 4 650,15 euros :
2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter
les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice
ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
3. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués,
la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme
et la décision prise par cette commission se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. D'une part, Mme C épouse A détaille l'ensemble des sommes qui lui ont été versées par la caisse d'allocations familiales sur la période de décembre 2020
à avril 2023 couverte par les trois indus qui lui ont été notifiés et identifie que le montant des versements correspondants à la prime d'activité s'élève à 10 740,51 euros, somme non contestée par la caisse d'allocations familiales. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 que le montant total des indus de prime d'activité notifiés à la requérante pour cette période correspond à 11 370,26 euros. Ce montant ne saurait toutefois excéder le montant total des sommes perçues au titre de la prime d'activité. Par suite, le montant de l'indu notifié par décision du 9 mai 2023 doit être diminué de 629,75 euros pour être ramené à 4 020,40 euros.
5. D'autre part, Mme C épouse A n'apporte aucun élément au soutien de son affirmation selon laquelle un prélèvement aurait été prélevé avant qu'elle ne reçoive notification de l'indu en cause, alors que des prélèvements étaient opérés en vu du paiement des autres indus.
Sur la demande de remise gracieuse :
6. Lorsqu'un organisme décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis
à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.
7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres
de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
8. Il résulte de l'instruction que l'indu dont le remboursement est réclamé
à Mme C épouse A résulte de la prise en compte d'une rente accident de travail perçu par son conjoint à compter du mois de mai 2021 qui n'avait pas été déclarée. Au vu de la nature et du caractère répété de cette omission, la bonne foi de la requérante ne peut être retenue. Par suite, les conclusions de la requête tendant à la remise gracieuse de l'indu en cause doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant de l'indu de prime d'activité pour la période de décembre 2021
à avril 2023 notifié par décision du 9 mai 2023 est ramené à 4 020,40 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C épouse A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
A. D
Le greffier,
signé
A. PICOTLa République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400077
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026