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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400119

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400119

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400119
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL ACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

(2ème chambre)

Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision implicite par laquelle la préfète de l'Aube a rejeté sa demande de titre de séjour " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

Elle soutient que :

- la décision implicite est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, la préfète de l'Aube, représentée par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- elle ne contient aucun moyen ;

- la décision en litige est bien-fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Oscar Alvarez a été entendu lors de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne, née le 4 janvier 2005, est entrée sur le territoire français le 5 mars 2017 accompagnée de ses parents sous couvert d'un visa touristique délivrée par les autorités espagnoles valable du 20 février 2017 au 19 août 2017 multi-entrées pour une durée de séjour maximale de soixante jours. Elle a déposé le 2 décembre 2022 une demande de délivrance d'une carte de séjour mention " vie privée et familiale ". Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé sur sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () " Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. "

3. Aux termes de l'article R* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Si Mme B soutient sans que cela soit contredit par la préfète de l'Aube en défense qu'elle a transmis les éléments manquants de son dossier de demande de délivrance du titre de séjour en litige qui aurait donné lieu à la naissance d'une décision implicite de rejet conformément aux dispositions citées au point précédent, la requérante n'allègue ni n'établit par les pièces qu'elle produit notamment son recours gracieux introduit le 13 novembre 2023 qu'elle aurait demandé les motifs de cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit, en tout état de cause, être écarté.

5. Mme B se prévaut de son arrivée sur le territoire à l'âge de douze ans, de sa vie auprès de ses parents, de sa scolarité continue et des liens personnels intenses et stables tissés sur le territoire et soutient ne plus disposer d'attaches en Algérie. Toutefois, la requérante est majeure, célibataire et est logée avec ses parents dans un hébergement d'urgence. En outre, la durée de sa présence en France est liée au maintien irrégulier de ses parents en raison du non-respect de trois mesures d'éloignement prises à leur encontre en 2018, en 2021 et 2022 pendant sa minorité. Par suite, en dépit d'une scolarité continue pour laquelle la préfète de l'Aube a accepté d'accorder la délivrance à titre exceptionnel d'un titre de séjour étudiant, Mme B n'est pas fondée à soutenir, en tout état de cause, qu'il a été porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener un vie privée et familiale normale en refusant la délivrance du titre de séjour sollicité.

6. Il résulte de ce tout qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur sa demande de titre de séjour doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et à la préfète de l'Aube.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

M. Michel Soistier, premier conseiller,

M. Oscar Alvarez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

O. ALVAREZ

Le président,

Signé

O. NIZETLa greffière,

Signé

I.DELABORDE

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