jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Marne a rejeté sa demande de remise gracieuse concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 874,95 euros.
Il soutient qu'il est de bonne foi, qu'il a à sa charge deux enfants étudiants, qu'il a dû faire face aux frais d'obsèques de son ex-épouse et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser cette dette.
Par un mémoire enregistré le 9 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de la Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'indu est le résultat d'une absence de déclaration, que les ressources du requérant lui permettent de rembourser le solde de sa dette, qui s'élève à 378,47 euros, un échéancier de 108 euros par mois ayant par ailleurs été accepté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Il résulte de l'instruction que l'indu, d'un montant de 1 302,97 euros, trouve son origine dans la remise en cause du rattachement de son fils C de novembre 2022 à mars 2023, celui-ci ayant rejoint sa mère, depuis lors décédée, pour étudier à Aix-en-Provence. Pour demander la remise gracieuse du solde de cet indu, correspondant à un montant de 874,95 euros, le requérant ne peut pas utilement se prévaloir du caractère mal fondé de cet indu. Si M. B invoque le fait que ses deux fils étudiants sont à sa charge et qu'il a dû s'acquitter du montant des obsèques de son ex-épouse, il n'apporte aucune justification du montant de ses ressources et n'apporte pas d'éléments suffisants permettant d'attester qu'il ne serait pas en mesure de rembourser la somme en cause. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que la précarité de sa situation justifierait une remise de dette. Par suite, la requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. DLa greffière,
signé
I. ROLLAND
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