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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400400

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400400

mardi 24 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400400
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantMARFOQ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus implicite du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Le tribunal a jugé que le comportement passé de M. B, consistant à avoir sollicité des attestations de formation fictives et consulté illégalement des fichiers de police, était contraire à l'honneur et à la probité, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. La décision n'a été entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur de fait, ni d'erreur d'appréciation. Les conséquences professionnelles alléguées par le requérant ont été jugées inopérantes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une ordonnance n° 490350 du 14 février 2024, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, le jugement de la requête, enregistrée le 19 septembre 2023, présentée par M. A B. Par cette requête, M. A B, représenté par Me Marfoq, demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision implicite du 21 aout 2023, par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité ; 2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrerune carte professionnelle ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la décision attaquée est entachée d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation dès lors que son casier judiciaire est vierge et qu'aucune mention le concernant ne figure dans le traitement des antécédents judiciaires ; - elle compromet l'exercice de son activité professionnelle alors qu'il a charge de famille. Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2023, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés La clôture de l'instruction a été fixée au 10 octobre 2024 par une ordonnancedu 17 septembre 2024. Le conseil national des activités privées de sécurité a produit un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la sécurité intérieure - le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Deschamps, président-rapporteur, - et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. M. B a obtenu le diplôme d'agent de service de sécurité incendie et d'assistance aux personnes (SSIAP) le 11 juin 2021 et a demandé la délivrance d'une carte professionnelle d'agent privé de sécurité sur le téléservice du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le 21 juin 2023. Par une décision implicite du 21 août 2023, ce conseil lui a refusé la délivrance de la carte sollicitée. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision implicite de rejet et à ce qu'il soit enjoint au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité. 2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () ". L'article L. 612-20 du même code dispose que : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ". 3. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un jugement du tribunal administratif de Melun du 17 décembre 2021, que M. B, policier municipal au seinde la commune de Villejuif, a fait l'objet d'un retrait de son agrément par le préfet du Val-de-Marne puis d'une radiation des cadres par cette commune pour avoir d'une part sollicité des attestations de formation fictives dans le but de pouvoir exercer des missions de sécurité à l'étranger et d'autre part consulté illégalement des fichiers de police et en avoir diffuséle contenu à des tiers. Alors même que les poursuites pénales relatives à ces faits ont été classées sans suite au vu de leur caractère insuffisamment établi, ce qui ne saurait lier le juge administratif, ce comportement, qui n'est pas contesté, est contraire à l'honneur ainsiqu'à la probité et est incompatible avec l'exercice de fonctions d'agent privé de sécurité. Par suite, la décision attaquée n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation. 4. D'autre part, M. B ne peut utilement se prévaloir, dans le cadre de la présente instance, des conséquences de cette décision sur sa situation professionnelle. 5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens. D E C I D E : Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité. Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :M. Deschamps, président,M. Amelot, premier conseiller,M. Henriot, conseiller.Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2024. L'assesseur le plus anciendans l'ordre du tableau,signéF. AMELOT Le président-rapporteur,signéA. DESCHAMPS Le greffier,signéA. PICOTLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et a tous commissaires de justice a ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contreles parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2N°2400400

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