lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mars 2024, M. A B, représenté
par Me Mainnevret, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions
de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour dans un délai de cinq jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application de l'article 37
de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'absence de renouvellement
du récépissé de demande de titre de séjour l'empêche de se déplacer et de travailler sereinement ;
- la délivrance de ce récépissé est nécessaire dans la mesure où elle lui permettra
de faire respecter ses droits garantis par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile, notamment sa liberté d'aller et venir et de travailler ;
- il est nécessaire d'assortir l'injonction de délivrance d'une astreinte ;
- en cas de délivrance d'un récépissé en cours d'instance, il appartiendra au préfet d'apporter la preuve de sa notification.
La requête a été communiquée au préfet de la Marne, qui a produit une pièce enregistrée le 13 mars 2024 qui a été communiquée le même jour.
Le président du tribunal a désigné M. Deschamps, vice-président, pour statuer
sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né en 2002, qui déclare être entré en France
le 6 septembre 2018, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement
des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le préfet de la Marne lui a opposé un refus a été annulé par un jugement du tribunal de céans du 27 janvier 2022. M. B a renouvelé
sa demande de titre de séjour en novembre 2022 et a bénéficié d'un récépissé valable
jusqu'au 23 février 2024. Il en a sollicité le renouvellement le 12 février 2024, et, en l'absence de réponse à sa demande, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de la Marne de lui renouveler le récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3
du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible
de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ", et l'article R. 432-2 de ce code énonce que " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'ailleurs citées dans l'accusé de réception
de sa demande remis à l'intéressé le 17 novembre 2022, qu'une décision implicite de rejet
de cette demande est née. Cette décision fait obstacle à ce qu'il soit enjoint au préfet,
sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de délivrer à M. B un récépissé de demande de titre de séjour.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dénuée de fondement. Ainsi, sans qu'il y ait lieu d'accorder au requérant l'aide juridictionnelle à titre provisoire, la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions tendant
au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre
de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 18 mars 2024.
Le juge des référés,
signé
A. DESCHAMPS
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