mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400548 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP RAHOLA CREUSAT LEFEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mars 2024, M. D A conteste devant le tribunal l'accueil dont il a fait l'objet par les services de la mairie de Rethel, le refus de délivrance, par ces mêmes services, d'une copie de son acte d'état civil, le refus de communication des grands livres des comptes de la commune de Rethel depuis juillet 2020 et de documents : commandes, devis, factures, notes d'honoraires d'avocats, assurances.
Il soutient que :
- par un avis du 15 février 2024, la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) s'est montrée favorable à ce que ces documents lui soient communiqués, sous réserves de l'occultation des données protégées, sauf en ce qui concerne les notes d'honoraires et l'ensemble des autres documents s'inscrivant dans le cadre des correspondances échangées entre la commune de Rethel et ses avocats ;
- le maire de la commune de Rethel a refusé de lui accorder un rendez-vous en mairie pour que les documents précités puissent lui être communiqués ;
- le samedi 2 mars 2024, le maire lui a illégalement refusé l'accès à l'espace public, lui a refusé la délivrance d'un acte d'état civil, a proféré à son encontre des insultes et menaces verbales et physiques, et a calomnié sa personne auprès des agents municipaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, la commune de Rethel, représentée par Me Rahola conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit infligé à M. A une amende pour recours abusif et que la somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête qui ne contient l'exposé d'aucun moyen est irrecevable ;
- l'existence d'une seconde instance ayant un objet identique rend également la présente requête irrecevable ;
- les moyens développés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de :
- de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des contestations portant sur le refus de délivrance d'un acte d'état civil, lequel relève de la compétence des juridictions judiciaires ;
- de l'irrecevabilité des conclusions relatives à l'accueil dont M. A fait l'objet par les services de la mairie de Rethel qui n'ont pas pour objet d'obtenir l'annulation d'une décision administrative ou le versement d'une indemnité.
Vu :
- la décision par laquelle le magistrat désigné a renvoyé le jugement de ce dossier à la formation collégiale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique,
- et les observations de Me Creusat, représentant la commune de Rethel.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, M. A conteste, d'une part, l'accueil dont il a fait l'objet par les services de la mairie de Rethel, le refus de délivrance, par ces mêmes services, d'une copie de son acte d'état civil et d'autre part, le refus de communication des grands livres des comptes de la commune de Rethel depuis juillet 2020 et de certains documents comptables de la ville, notamment des commandes, devis, factures, assurances.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'avis rendu par le CADA le 15 février 2024 que la commission a considéré comme communicables les grands livres des comptes de la commune depuis juillet 2020, sous réserve de l'occultation des données non communicables. Elle estime sous cette même réserve les pièces justificatives de dépenses comme étant communicables. En revanche elle considère les notes d'honoraires d'avocat comme n'étant pas communicables. Par un courriel du 29 février 2024 M. A a indiqué à la commune qu'il souhaite obtenir un rendez-vous pour organiser la communication des grands livres de la commune. Par ce message, il doit être regardé comme limitant sa demande à ces documents.
Recevabilité de la requête :
3. La circonstance que le requérant aurait dans une autre instance pendante devant le tribunal, présenté des conclusions tendant à la communication des documents objet de la présente instance, est sans incidence sur la recevabilité de la requête.
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Il résulte qu'hormis lorsqu'il statue en référé, il n'appartient pas au juge administratif de faire droit à d'autres demandes que celles tendant à l'annulation d'une décision administrative au motif de son illégalité, ou à l'octroi d'une indemnité ou d'une somme d'argent à laquelle le requérant aurait droit et qui lui aurait été préalablement refusée. M. A, qui conteste devant le tribunal l'accueil dont il a fait l'objet, dans la matinée du samedi 2 mars 2024, dans les services de la mairie de Rethel, ne conteste aucune décision administrative et ne demande pas la condamnation pécuniaire d'une administration publique. Par suite, ces conclusions, du fait de leur objet-même, sont entachées d'irrecevabilité et ne peuvent être, dès lors, que rejetées.
5. La requête qui indique que la CADA a rendu un avis favorable à la communication de divers documents administratifs et que la commune de Rethel a refusé de faire droit à la demande de communication présentée par le requérant, comporte mention des moyens et de conclusions. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
Sur la décision refusant la communication de documents administratifs :
6. Aux termes de l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales : " Toute personne physique ou morale a le droit de demander communication des délibérations et des procès-verbaux du conseil municipal, des budgets et des comptes de la commune et des arrêtés municipaux. / () La communication des documents mentionnés au premier alinéa, qui peut être obtenue aussi bien du maire que des services déconcentrés de l'Etat, intervient dans les conditions prévues par l'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration. / () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Et aux termes de l'article L. 311-9 de ce même code : " L'accès aux documents administratifs s'exerce, au choix du demandeur et dans la limite des possibilités techniques de l'administration : / 1° Par consultation gratuite sur place, sauf si la préservation du document ne le permet pas ; / 2° Sous réserve que la reproduction ne nuise pas à la conservation du document, par la délivrance d'une copie sur un support identique à celui utilisé par l'administration ou compatible avec celui-ci et aux frais du demandeur, sans que ces frais puissent excéder le coût de cette reproduction, dans des conditions prévues par décret ; / 3° Par courrier électronique et sans frais lorsque le document est disponible sous forme électronique ; / 4° Par publication des informations en ligne, à moins que les documents ne soient communicables qu'à l'intéressé en application de l'article L. 311-6. ".
7. Il est constant d'une part, que la commune de Rethel, qui, eu égard à l'existence du courriel cité au point 2, ne peut soutenir ne pas avoir été saisie par M. A, n'a pas fait droit à la demande de ce dernier. Si elle soutient que les documents en litige sont accessibles sur son site Internet ainsi que sur les sites de la direction des finances publiques, elle ne l'établit pas. Au demeurant la consultation de ces sites n'a pas permis au tribunal d'accéder aux grands livres, objet de la demande de communication. D'autres part il n'est pas plus établi que le requérant aurait présenté à la commune de Rethel des demandes répétées et abusives. Dans ces conditions, la décision attaquée née du silence gardé par la commune sur le courriel précité, méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration, et ne peut être qu'annulée.
8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la commune de Rethel communique à M. A les grands livres des comptes de la commune de Rethel depuis le mois de juillet 2020. Il y a donc lieu d'enjoindre à la commune de Rethel de procéder à cette communication dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées par la commune de Rethel et tendant à l'application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :
9. Il résulte de ce qui précède que les demande de M. A ne sont pas abusives. Par suite, et en tout état de cause, les conclusions susvisées de la commune ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la commune de Rethel demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la communication des commandes, devis, factures, notes d'honoraires d'avocats et assurances.
Article 2 : Les conclusions de la requête tendant à la communication d'acte d'état civil sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.
Article 3 : La décision de la commune de Rethel née du silence gardé sur le courriel du 29 février 2024 est annulée en tant qu'elle refuse à M. A la communication des grands livres des comptes à compter de 2020.
Article 4 : Il est enjoint à la commune de Rethel de communiquer à M. A les grands livres des comptes de la commune de Rethel depuis le mois de juillet 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la commune est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la commune de Rethel.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
M. Michel Soistier, premier conseiller,
M. Oscar Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
M. C
Le président-rapporteur,
O. B
La greffière,
I.DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026