jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400594 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2024, M. A B, représenté par Me Cissé, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 décembre 2023 par lequel le préfet des Ardennes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retour pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, et dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, dans un délai, respectivement, d'un mois et quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de son titre de séjour est entachée d'une incompétence de l'autorité signataire de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet, en se fondant sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a commis une erreur de droit dès lors que seul l'accord franco-algérien trouvait à s'appliquer ;
- le préfet ne démontre pas avoir fait usage de son pouvoir de régularisation et d'avoir examiné dans ce cadre de manière approfondie sa situation personnelle ;
- il justifie de considérations humanitaires et de motifs exceptionnels qui devaient conduire le préfet à l'admettre au séjour ;
- la décision lui refusant le séjour en cause porte atteinte de manière disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une incompétence de l'autorité signataire de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision refusant le titre de séjour ;
- elle porte atteinte de manière disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire ;
- la décision portant interdiction de retour pendant une durée d'un est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Ardennes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une décision du 23 février 2024 du bureau d'aide juridictionnelle, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Soistier, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, est entré irrégulièrement sur le territoire national le 26 février 2018 et y a sollicité l'asile. Sa demande a été rejetée en dernier lieu le
15 novembre 2019 par la Cour nationale du droit d'asile. I
l s'est maintenu en France et par un arrêté du 8 décembre 2023, le préfet des Ardennes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retour pendant une durée d'un an. Par la présente requête, il demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs :
2. Par un arrêté du 13 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet des Ardennes a donné délégation à M. Joël Dubreuil, secrétaire général de la préfecture des Ardennes à l'effet de signer, à compter du 17 juillet 2023, les mesures relevant de la réglementation des étrangers en matière de droit au séjour et d'éloignement du territoire. Cette délégation n'étant pas restreinte aux hypothèses où le préfet serait empêché ou absent, la requérant ne peut utilement faire valoir que faute de comporter cette précision l'arrêté en litige serait illégal. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
3. L'arrêté en litige comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Ardennes n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation individuelle de M. B avant de prendre l'arrêté contesté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1() ". Aux termes de l'article L. 435-2 du même code : " L'étranger accueilli par les organismes mentionnés au premier alinéa de l'article L. 265-1 du code de l'action sociale et des familles et justifiant de trois années d'activité ininterrompue au sein de ce dernier, du caractère réel et sérieux de cette activité et de ses perspectives d'intégration, peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'État ".
6. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Toutefois les stipulations de l'accord franco-algérien n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Par suite le requérant ne peut soutenir qu'en examinant sa demande sur le fondement des dispositions précitées, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui renvoie pour son application à l'article L. 435-1 du même code, le préfet aurait commis une erreur de droit.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. B se prévaut d'une durée de séjour en France depuis 2018 ainsi que de son intégration manifestée par son activité professionnelle dans un organisme caritatif. Toutefois,
M. B est célibataire, sans enfant, et ne justifie d'aucune attache familiale en France et n'établit pas être dépourvu de tous liens familiaux en Algérie, pays où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans. Dans ces conditions, en dépit de la durée de son séjour et de son activité professionnelle, la décision litigieuse n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas méconnue les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
10. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment, que la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français n'est pas illégale du fait de l'illégalité de la décision refusant le titre de séjour.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, la décision fixant le pays de destination n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
12. Il résulte de ce qui a été exposé au point 10, que la décision fixant le pays de destination n'est pas illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
13. L'arrêté en litige comporte, s'agissant de la décision précitée, l'exposé des motifs qui ont conduit le préfet à interdire à M. B le retour sur le territoire français. Il est, par suite, suffisamment motivé.
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, il ne résulte pas de la décision interdisant de retour à M. B pendant une durée d'un an, qu'elle serait entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
15. Il résulte de ce qui a été exposé au précédent, que la décision portant interdiction de retour pendant une durée d'un an n'est pas illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
16. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Ardennes.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Nizet, président,
- M. Soistier, premier conseiller,
- M. Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. SOISTIER
Le président,
Signé
O. NIZETLa greffière,
Signé
N. MASSON
No 2400594
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026