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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400609

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400609

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400609
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

(2ème chambre)

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Gaffuri demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 18 janvier 2024 par laquelle la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer une carte de résident ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer une carte de résident dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;

- la préfète de l'Aube n'a pas procédé à un examen particulier et approfondi ;

- la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2024, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Oscar Alvarez a été entendu lors de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante surinamienne, née le 2 octobre 1983, est entrée sur le territoire français en 2017. Elle a obtenu la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 13 janvier 2018 au 12 janvier 2020 laquelle a été renouvelée jusqu'en janvier 2024. Par courrier du 5 octobre 2023, elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident de dix ans. Par le présent recours, elle demande l'annulation de la décision du 18 janvier 2024 par laquelle la préfète de l'Aube lui a refusé cette délivrance.

2. La décision comporte les motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation n'est pas stéréotypée et il en ressort que la situation de Mme A a fait l'objet d'un examen particulier et approfondi. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen particulier doivent être écartés.

3. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail ".

4. Mme A soutient qu'elle a été employée sous contrat à durée déterminée du 12 décembre 2020 au 11 décembre 2021 puis employée sous contrat à durée indéterminée depuis le 12 décembre 2021 au sein d'une association en qualité d'employée à domicile. Elle se prévaut d'une augmentation constante de ses revenus depuis 2020 tout en précisant qu'elle n'a pas eu de rémunération en 2019 et 2020. Toutefois, eu égard à cette dernière circonstance, et même si la requérante a perçu des revenus annuels pour les années 2021 à 2023, à hauteur respectivement pour chacune des années de 13 666 euros, de 15 288 euros et de 14 824 euros, seuls ceux perçus au cours de l'année 2022 ont excédé le salaire minimum interprofessionnel de croissance mensuel net. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas de ressources propres, stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la préfète de l'Aube a refusé la délivrance de la carte de résident sollicitée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 18 janvier 2024 par laquelle la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de l'Aube.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

M. Michel Soistier, premier conseiller,

M. Oscar Alvarez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

O. ALVAREZ

Le président,

Signé

O. NIZETLa greffière,

Signé

I.DELABORDE

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