jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400654 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 et 25 mars 2024, M. D C et Mme A C, représentés par Me Mainnevret, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir les arrêtés du 20 mars 2024 n°5103034359_LC et 5103039273_LC par lesquels le préfet de la Marne les a assignés à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours ;
2°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Mainnevret en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Ils soutiennent que :
- le préfet de la Marne ne démontre pas qu'ils auraient fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet de la Marne ne démontre pas qu'il existe des perspectives raisonnables d'éloignement ;
- les mesures qui leur sont imposées sont excessives.
Le préfet de la Marne a produit, le 26 mars 2024, des pièces qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Henriot, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot, Magistrat désigné, ;
- les observations de Me Mainnevret qui a repris ses écritures ajoutant, d'une part, que Mme C a été contrainte de subir un avortement thérapeutique le 4 mars 2024, qu'elle est diminuée du fait de cet évènement ce qui l'empêche de se présenter quotidiennement au commissariat, que M. C est grandement affecté par l'état de santé de son épouse et, d'autre part, que l'état de santé de Mme C ne lui permet pas d'être éloignée ;
- les observations de M. C, s'exprimant en arabe par l'intermédiaire d'un interprète, qui a indiqué être dans un état dépressif et souhaiter rester en France pour y élever ses enfants ;
- les observations de Mme C, s'exprimant en arabe par l'intermédiaire d'un interprète, qui a indiqué avoir grandement souffert de l'avortement qu'elle a subi, qu'elle éprouvait, depuis lors, des difficultés pour s'occuper de ses quatre enfants et qu'elle souffre de diabète ;
- les observations de Mme B, représentant le préfet de la Marne, qui a fait valoir, d'une part, qu'il existe des perspectives raisonnables d'éloignement dans la mesure où la préfecture détient le passeport de Mme C ainsi qu'une photocopie du passeport de M. C, ce qui permet de solliciter la délivrance d'un laissez-passer consulaire et, d'autre part, que la situation familiale et médicale des requérants a été suffisamment prise en compte s'agissant des modalités de contrôle de la mesure d'assignation à résidence.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 17 septembre 1982, est entré en France le 14 avril 2019 sous couvert d'un visa de long séjour et a bénéficié d'un certificat de résidence portant la mention " visiteur ", régulièrement renouvelé jusqu'au 13 avril 2023. Le 22 mars 2023, il a sollicité auprès des services de la préfecture de la Marne le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 4 août 2023, le préfet de la Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné. Par une requête du 4 septembre 2023, M. C a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne l'annulation de cet arrêté. Cette requête a été rejetée par un jugement du 8 février 2024.
2. Mme C, ressortissante algérienne née le 14 janvier 1990, est entrée en France le 10 août 2021 sous couvert d'un visa de long séjour et a bénéficié d'un droit au séjour au titre du regroupement familial jusqu'au 13 avril 2023, date d'expiration du titre de séjour de son conjoint. Le 1er mars 2023, elle a sollicité auprès des services de la préfecture de la Marne le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 4 août 2023, le préfet de la Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel elle serait susceptible d'être éloignée. Par une requête du 4 septembre 2023, Mme C a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne l'annulation de cet arrêté. Cette requête a été rejetée par un jugement du 8 février 2024.
3. Par deux arrêtés du 20 mars 2024, le préfet de la Marne a assigné à résidence M. et Mme C dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours. M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler cette décision.
4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les demandes des requérants, il y a lieu de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
5. Aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme C ont fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français par deux arrêtés du préfet de la Marne du 4 août 2023. Par suite, le moyen tiré de ce que de telles décisions n'existeraient pas doit être écarté.
7. Les décisions en litige ne constituent pas des mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce que l'état de santé Mme C ne lui permet pas de voyager est inopérant.
8. Il n'est pas contesté que le préfet de la Marne détient le passeport de Mme C ainsi qu'une copie du passeport de M. C, permettant d'attester de son identité auprès des autorités algériennes afin d'obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire. En outre, les requérants n'allèguent aucune circonstance qui serait susceptible d'empêcher leur éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce que l'éloignement des requérants ne serait pas une perspective raisonnable doit être écarté.
9. Aux termes des dispositions de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie.
Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. " Selon les dispositions de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ".
10. Les modalités de contrôle de la mesure d'assignation à résidence doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
11. Il ressort des pièces du dossier que les requérants résident à Châlons-en-Champagne, ville dans laquelle est situé le commissariat auprès duquel il leur est imposé de se présenter tous les jours, sauf les dimanches et les jours fériés, entre 10 h 30 et 11h 30. S'il n'est pas contesté que Mme C a subi le 4 mars 2024 un avortement pour des motifs thérapeutiques et que cet évènement a grandement affecté les requérants, il n'est pas établi qu'à compter de la date des décisions en litige, le 20 mars 2024, Mme C ait été dans l'incapacité de se déplacer pour se présenter au commissariat quotidiennement. En outre, les requérants sont en mesure de déposer leurs enfants dans leurs établissements scolaires respectifs avant de se rendre au commissariat entre 10 h 30 et 11h 30. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait disproportionnée doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions afin d'annulation de M. et Mme C doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, de celles tendant à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de l'État en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme C sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme A C, à Me Mainnevret et au préfet de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J. HENRIOTLa greffière,
Signé
S. VICENTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026