mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400703 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution du courrier du 27 juillet 2023 par lequel le préfet de la Marne l'a informée que la SELARL Templier pourra solliciter à compter du 21 septembre 2023 le concours de la force publique pour procéder à son expulsion.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la fin de la trêve hivernale et à l'expulsion locative dont elle fait l'objet ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle ne comporte pas la mention des voies et délais de recours.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2400702 tendant à l'annulation du courrier du 27 juillet 2023 du préfet de la Marne.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Mach, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du tribunal judiciaire de Reims, il a été ordonné l'expulsion de Mme A du logement qu'elle occupe 2 rue Ponsardin à Reims. La SELARL Templier, huissier de justice, lui a délivré un commandement de quitter les lieux. Par un courrier du 27 juillet 2023, le préfet de la Marne a informé Mme A que la SELARL Templier pourra solliciter le concours de la force publique pour procéder à son expulsion à compter du 21 septembre 2023 et l'a invitée à entreprendre des démarches en vue de trouver une solution de relogement. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de ce courrier du 27 juillet 2023.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. La demande de Mme A est dirigée contre le courrier du préfet de la Marne du 27 juillet 2023, qui se borne à l'informer de la procédure susceptible d'être engagée à son encontre sans emporter par elle-même son expulsion, ni au demeurant se prononcer sur la décision pouvant être prise ultérieurement sur l'octroi du concours de la force publique, et qui ne présente dès lors pas le caractère d'une décision faisant grief à l'intéressée. Par suite, la requête n° 2400702 de Mme A aux fins d'annulation du courrier du 27 juillet 2023 du préfet de la Marne est dirigée contre une décision insusceptible de recours et est manifestement irrecevable. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de ce courrier du 27 juillet 2023 du préfet de la Marne, présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées comme manifestement dénuées de fondement en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
4. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive en raison notamment du nombre des demandes, de leur caractère répétitif ou systématique. () ".
5. Mme A doit être regardée comme sollicitant le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dénuée de fondement. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 17 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
A-S MACH
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