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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400705

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400705

mercredi 17 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400705
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mars 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Marne l'a informée avoir accordé le concours de la force publique à l'étude Templier, huissier de justice, en vue d'assurer l'exécution d'une décision de justice ordonnant son expulsion du logement qu'elle occupe 2 rue Ponsardin à Reims, à compter du 1er avril 2024.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la fin de la trêve hivernale et à l'expulsion locative dont elle fait l'objet ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;

- elle n'est pas justifiée au regard des nécessités de l'ordre public.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2400666 tendant à l'annulation de la décision

du 5 janvier 2024 du préfet de la Marne.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Mach, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du tribunal judiciaire de Reims du 7 décembre 2022, confirmé par une décision de la cour d'appel de Reims du 4 juillet 2023, il a été ordonné l'expulsion de Mme A du logement qu'elle occupe 2 rue Ponsardin à Reims. L'étude Templier, huissier de justice, a requis le concours de la force publique. Par une décision du 5 janvier 2024, le préfet de la Marne a informé Mme A qu'il avait accordé le concours de la force publique à l'étude Templier en vue d'assurer l'exécution d'une décision de justice ordonnant son expulsion du logement, à compter du 1er avril 2024. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision du 5 janvier 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Si Mme A soutient que la décision contestée est insuffisamment motivée, ne comporte pas la mention des voies et délais de recours et n'est pas justifiée par les nécessités de l'ordre public, ces moyens ne sont pas de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de la Marne du 5 janvier 2024 accordant le concours de la force publique à un huissier de justice en vue de l'expulsion de son logement.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de Mme A doit être rejetée, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 17 avril 2024.

Le juge des référés,

Signé

A-S MACH

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