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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400795

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400795

vendredi 12 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400795
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantJOUBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 5, 8 et 10 avril 2024, M. A C, représenté par Me Joubert, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé sa remise aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département des Ardennes pour une durée de quarante-cinq jours.

Il soutient que :

- les autorités françaises sont responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

- il a été victime de pressions et de violences en Croatie ;

- il dispose de proches en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mach pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 623-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mach, magistrate désignée,

- les observations de Me Joubert, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et demande en outre qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin d'enregistrer la demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; il est en outre soutenu que les arrêtés méconnaissent l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, méconnaissent l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 en l'absence de brochure complète, méconnaissent l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 eu égard au caractère succinct de l'entretien, méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, méconnaissent l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et méconnaissent l'article 19 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il a quitté le territoire de l'Union européenne pendant plus de trois mois ;

- et les observations de M. C, assisté de M. B, interprète.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant turc né en 1993, a fait l'objet d'un arrêté du 22 février 2024, notifié le 4 avril 2024, par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile. L'intéressé a été assigné à résidence dans le département des Ardennes pour une durée de quarante-cinq jours par un arrêté en date du 4 avril 2024 de la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, notifié le même jour. M. C demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés des 22 février 2024 et 4 avril 2024 de la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. M. C a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, compte tenu de l'urgence, de prononcer l'admission de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".

5. Il ressort de la copie des décisions du 22 février 2024 et du 4 avril 2024 qu'y est apposé un tampon comportant les nom et prénom et qualité du signataire, agissant par délégation de la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin. Si le tampon, qui est partiellement effacé, permet de lire uniquement la mention " L'attachée () Régional Dublin ", l'en-tête des décisions contestées mentionnent que l'affaire est suivie par le Pôle régional Dublin. Dans ces conditions, ces indications permettant au destinataire des décisions d'identifier sans ambiguïté son auteur et sa qualité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

6. Aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, établissant les critères et les mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou apatride : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de 1'entretien individuel visé à l'article 5. / () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de ne pas instruire la demande de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit ou, si nécessaire pour la bonne compréhension du demandeur, oralement, et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de ces informations, leur délivrance complète par l'autorité administrative, notamment par la remise de la brochure prévue par les dispositions précitées, constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu remettre, le 23 octobre 2023, le guide du demandeur d'asile et les documents d'information A et B, intitulés respectivement " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", qui constituent la brochure commune prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement précité. Ces documents lui ont été remis en langue turque, langue que l'intéressé n'allègue, ni n'établit ne pas comprendre. Si le requérant fait valoir que les brochures en langue turque sont incomplètes, il ne ressort pas des pièces du dossier que les documents en cause n'ont pas été communiqués à l'intéressé dans leur intégralité, alors au demeurant que M. C y a apposé sa signature, sans émettre la moindre observation lors de la remise des documentations, ni d'ailleurs lors de son entretien individuel du même jour, au cours duquel il a reconnu avoir reçu l'information sur les règlements communautaires. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'intéressé n'a pas reçu l'ensemble des éléments d'information requis par les dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dans une langue qu'il comprend doit être écarté comme manquant en fait.

8. Aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4 (). / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'Etat membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'Etat membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a bénéficié, le 22 octobre 2023, d'un entretien individuel et confidentiel dans les locaux de la préfecture de la Marne et que cet entretien a été réalisé en langue turque, langue que l'intéressé n'allègue, ni n'établit ne pas comprendre. Il ressort du compte-rendu de cet entretien que l'intéressé a eu la possibilité de faire part de toute observation et de toute information pertinente relative à la détermination de l'Etat membre responsable, et notamment ses craintes en cas de retour en Croatie, et a pu faire valoir son parcours et sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

10. Aux termes de l'article 19 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () / 2. Les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, cessent si l'État membre responsable peut établir, lorsqu'il lui est demandé de prendre ou reprendre en charge un demandeur ou une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), que la personne concernée a quitté le territoire des États membres pendant une durée d'au moins trois mois, à moins qu'elle ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivré par l'État membre responsable. / Toute demande introduite après la période d'absence visée au premier alinéa est considérée comme une nouvelle demande donnant lieu à une nouvelle procédure de détermination de l'État membre responsable. () ". Aux termes de l'article 20 du même règlement (UE) : " 1. Le processus de détermination de l'État membre responsable commence dès qu'une demande de protection internationale est introduite pour la première fois auprès d'un État membre. () / 5. L'État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite pour la première fois est tenu, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, et en vue d'achever le processus de détermination de l'État membre responsable de l'examen de la demande de protection internationale, de reprendre en charge le demandeur qui se trouve dans un autre État membre sans titre de séjour ou qui y introduit une demande de protection internationale après avoir retiré sa première demande présentée dans un autre État membre pendant le processus de détermination de l'État membre responsable. () ".

11. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé en grande chambre dans son arrêt du 2 avril 2019, Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie c. H et autres, C-582-17 et C-583-17, l'article 20 paragraphe 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 s'applique à un demandeur qui, après avoir quitté le territoire d'un Etat membre dans lequel il avait introduit une première demande, avant que le processus de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen de la demande soit achevé, sans informer l'autorité compétente de ce premier Etat membre de son souhait de renoncer à sa demande et dans laquelle ce processus est toujours en cours, a introduit une nouvelle demande de protection internationale dans un autre Etat membre. Cette disposition implique qu'un demandeur dans une telle situation peut être transféré vers ce premier Etat membre en vue de l'achèvement du processus de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen de la demande.

12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé de consultation du fichier " Eurodac ", que M. C a sollicité l'asile le 27 décembre 2022 auprès des autorités croates, avant de présenter une demande d'asile en France le 23 octobre 2023. Le requérant ne conteste pas qu'en application des dispositions du paragraphe 5 de l'article 20 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, la Croatie est tenue de le reprendre en charge en vue d'achever le processus de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen de la demande d'asile. En outre, les autorités croates ont expressément accepté le 13 décembre 2023 de reprendre en charge l'intéressé sur le fondement des dispositions du paragraphe 5 de l'article 20 de ce règlement. Dans ces conditions, la Croatie n'est pas l'Etat membre responsable de sa demande d'asile tenu de le reprendre en charge en application des dispositions de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013. Par suite, le requérant, qui soutient être retourné en Turquie et avoir quitté le territoire des Etats membres de l'Union européenne pendant plus de trois mois, sans au demeurant l'établir, n'est pas fondé à se prévaloir des dispositions du 2. de l'article 19 du règlement (UE) n° 604/2013 afférentes à la cessation des obligations prévues à l'article 18 et à soutenir que la France est responsable de l'examen de sa demande d'asile.

13. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit. () ".

14. D'une part, la Croatie, Etat membre de l'Union européenne, est partie à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut de réfugiés, complétée par le protocole de New-York, et à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si M. C fait valoir qu'il a été victime de violences physiques, de maltraitances et d'humiliations lors de sa détention en Croatie à raison de son origine kurde, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations de nature à établir qu'en cas de retour, il y subirait des traitements inhumains ou dégradants. Il n'allègue ni n'établit que les autorités croates ne traiteraient pas sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Par suite, et alors même que l'intéressé disposerait de connaissances en France, la préfète du Bas-Rhin n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage du pouvoir discrétionnaire qu'elle tient de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés des 22 février 2024 et 4 avril 2024 de la préfète du Bas-Rhin.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A.-S. MACH

La greffière,

Signé

S. VICENTE

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