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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400822

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400822

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400822
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de Mme B, ressortissante nigériane, qui demandait l'annulation d'un courriel du préfet de la Marne du 19 janvier 2024. Ce courriel, qui indiquait qu'il était inutile qu'elle se présente à un rendez-vous pour la délivrance d'un titre de séjour faute de documents d'identité concordants, a été jugé comme un acte préparatoire insusceptible de recours contentieux. Les conclusions à fin d'annulation ont donc été déclarées irrecevables, et les conclusions à fin d'injonction et de frais d'instance rejetées. La décision s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

(2ème chambre)

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 avril 2024 et 25 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Mainnevret demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, le courriel du 19 janvier 2024 par lequel le préfet de la Marne à défaut d'avoir produit des documents concordants prouvant son identité, il était inutile qu'elle se présente au rendez-vous prévu la 31 janvier 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) que le versement, à son conseil, d'une somme de 1 200 euros, soit mis à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de son annexe 41.

La requête a été communiquée au préfet de la Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2024.

Par un courrier en date du 27 août 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la requête dirigées contre le courriel du 19 janvier 2024 qui se borne à constater que la déclaration sous serment fournie par la requérante n'est pas valable et qu'elle doit fournir une attestation de concordance d'identité délivrée par l'ambassade du Nigéria est préparatoire à une décision de retrait de la délivrance du titre de séjour et est insusceptible de recours contentieux.

Par un mémoire du 29 août 2024, Mme B a présenté ses observations sur le moyen d'ordre public susceptible d'être relevé d'office.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Oscar Alvarez, rapporteur,

- et les observations de Me Mainnevret, substituant Me Malblanc, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante nigériane, née le 2 avril 1982, est entrée sur le territoire français en 2013 avec ses trois enfants. Sa demande d'asile a été rejetée en 2015. Trois de ses quatre enfants ont été placés sous la protection administrative et juridique de l'OFPRA en 2020. Elle s'est mariée en juin 2015. Elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un courrier non daté, le préfet de la Marne a décidé de délivrer à Mme B un titre de séjour d'une durée d'un an en application de l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'a invitée à prendre rendez-vous auprès des services de la préfecture en vue de la délivrance d'un récépissé dans l'attente de la fabrication du titre. Par courrier du 3 janvier 2024, l'intéressée a été convoquée à un rendez-vous le 31 janvier 2024. Par le présent recours, elle demande l'annulation du courriel du 19 janvier 2024 précisant qu'à défaut d'avoir produit des documents concordants prouvant son identité, il était inutile qu'elle se présente au rendez-vous prévu le 31 janvier 2024.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation

2. Il ressort d'un courrier non daté produit aux débats qu'après un examen approfondi du dossier de la requérante, le préfet de la Marne a décidé de délivrer à Mme B, un titre de séjour d'une validité d'un an. En se bornant à constater que la déclaration sous serment transmise avant la tenue du rendez-vous en vue de procéder à la délivrance du titre de séjour n'est pas valable et en demandant la transmission d'une attestation de concordance d'identité délivrée par l'ambassade du Nigéria, le courriel en litige du 19 janvier 2024 n'emporte pas retrait du titre de séjour et constitue un acte préparatoire à une éventuelle décision de retrait du titre de séjour. Au demeurant, il n'est pas utilement contesté qu'il était loisible au requérant de transmettre le document sollicité et d'obtenir un nouveau rendez-vous en vue d'une délivrance du titre de séjour attendu. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction

3. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais d'instance

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Marne.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

M. Michel Soistier, premier conseiller,

M. Oscar Alvarez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

O. ALVAREZ

Le président,

Signé

O. NIZETLa greffière,

Signé

I. DELABORDE

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