LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400836

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400836

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400836
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 avril 2024, M. E, représenté

par Me Boia, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 février 2024 par laquelle le préfet de la Marne a rejeté

sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné en l'absence de départ volontaire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans les deux mois du jugement à intervenir et lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement

des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil

sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, en application

et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté est incompétent ;

S'agissant du refus de titre de séjour :

- la décision méconnait l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour

des étrangers et du droit d'asile, l'article 47 du code civil et l'article 1er du décret n°2015-1740

du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger dès lors que le préfet de la Marne a remis en cause l'authenticité d'actes d'état civil malien sans saisir

les autorités émettrices sur ce point ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'authenticité

des actes d'état civil présentés par le requérant ;

- elle méconnait l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre

de séjour.

Le préfet de la Marne a produit des pièces le 24 avril 2024 et le 17 mai 2024.

Par ordonnance du 16 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 mai 2024.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision

du 24 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public,

sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Deschamps,

- et les observations de Me Boia, représentant M. B, et celui-ci en ses explications.

Considérant ce qui suit

1. M. B, de nationalité malienne, déclare être entré sur le territoire français

le 13 avril 2021. Il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de l'Aisne à compter du 7 octobre 2021. Le 29 juin 2023, M. B a sollicité auprès du préfet de la Marne un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article

L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté

du 26 février 2024, le préfet de la Marne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné en l'absence de départ volontaire. M. B demande l'annulation de cet arrêté

et qu'il soit enjoint au préfet de la Marne de lui délivrer le titre demandé.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :

2. Par un arrêté du 18 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, M. A D, préfet de la Marne, a donné à M. Raymond Yeddou, secrétaire général de la préfecture de la Marne et signataire de l'arrêté attaqué, délégation à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions

du représentant de l'Etat dans le département, à l'exception de certains actes au nombre desquelles ne figurent pas la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire

de l'acte doit être écarté.

Sur les autres moyens :

3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil ; () ". Aux termes de l'article L. 811-2 de ce code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Enfin, l'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans

les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

4. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer

de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

5. M. B a produit au soutien de sa demande de titre de séjour un extrait de jugement supplétif d'acte de naissance rendu le 1er février 2022 par le tribunal civil de Kita,

un acte de naissance établi le 4 février 2022 au centre principal de Kobi, une copie d'extrait d'acte de naissance du même jour et une carte d'identité consulaire délivrée le 3 février 2023 par l'ambassade du Mali à Paris.

6. Pour rejeter la demande du requérant, le préfet de la Marne fait valoir que

les documents présentés par M. B pour justifier de son état civil ont été expertisés par

le service de la cellule fraude documentaire de la direction zonale de la police aux frontières

de la zone Est qui a conclu que ces documents étaient contrefaits. Ce rapport affirme que l'extrait conforme de jugement supplétif d'acte de naissance, l'acte de naissance et l'extrait d'acte

de naissance ne sont pas imprimés de façon sécurisée, que l'acte de naissance ne comporte pas

de mention du numéro NINA, que la date d'établissement est inscrite en chiffre contrairement aux dispositions de l'article 126 du code des personnes et de la famille malien, que le jugement supplétif a été transcrit au cours du délai d'appel contrairement aux dispositions des articles 554 et 555 du code de procédure civile, commerciale et sociale malien et que la partie " mentions " du document est vide alors qu'aurait dû y figurer la mention du jugement supplétif. S'agissant

de la carte d'identité consulaire, le rapport constate que le support documentaire ne comporte pas d'anomalie et correspond à une souche authentique, cependant, l'édition ce document étant liée à la production des autres documents considérés comme falsifiés, le rapport conclut que cette carte d'identité doit être considéré comme un faux.

7. S'agissant de l'extrait du jugement supplétif d'acte de naissance, son inauthenticité ne saurait être établie en raison d'anomalies figurant dans l'acte de naissance pris postérieurement pour sa transcription. Par ailleurs, en l'absence de tout élément sur la qualité des supports des extraits de jugements supplétifs maliens et les sécurités qu'ils doivent comporter selon

la réglementation malienne, la circonstance que l'extrait du jugement supplétif est établi sur un support ordinaire sans sécurité n'est pas de nature à établir que les mentions relatives à son identité et notamment à sa date de naissance sont irrégulières, falsifiées ou inexactes. En outre, les délais de recours prévus aux articles 554 et 555 du code de procédure civile, commerciale et sociale du Mali sont sans incidence sur les délais de transcription d'un jugement supplétif, dès lors qu'il a été ordonné dans le jugement supplétif la transcription dans le registre et que cette transcription doit être effectué " dans les plus brefs délais ". En outre, si le rapport constate plusieurs irrégularités au sein de l'acte de naissance produit, il résulte de ce même rapport que l'obligation de mention du numéro NINA a été instituée par une loi du 11 août 2006, soit postérieurement à la naissance du requérant. De même, les autres anomalies constatées ne permettent pas de remettre en cause l'état civil du requérant dès lors que celui-ci est établi par le jugement supplétif que l'acte de naissance ne fait que retranscrire. Enfin, le requérant produit une carte d'identité consulaire qui lui a été délivrée au terme de démarches réalisées par le service de l'aide à l'enfance du département de la Marne et dont le rapport confirme l'authenticité du support. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré de l'absence de consultation des autorités maliennes, le motif tiré du caractère falsifié des documents d'état-civil présentés par le requérant ne peut fonder légalement la décision attaquée.

8. Toutefois, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".

9. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des dispositions citées au point 2, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre

dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, le préfet ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est entré en France avant l'âge de seize ans et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance, a sollicité un titre de séjour le 29 juin 2023, soit dans l'année de son 18ème anniversaire. Il a suivi en 2021-2022 une première année de certificat d'aptitude professionnelle en menuiserie, lors de laquelle il a obtenu des moyennes de 14,83 et 16,5 sur 20. En 2022-2023, il s'est réorienté vers un certificat d'aptitude professionnelle de maçon. Si, malgré des difficultés en lien avec un manque de maîtrise

de la langue française, au moins à l'écrit, le requérant a obtenu des notes supérieures à la moyenne, il ressort des bulletins de notes produits qu'il a cumulé 10 heures d'absences injustifiées au cours du premier semestre et 62 heures d'absences injustifiées au cours du second semestre. Dans ces conditions, le caractère réel et sérieux de ses études ne peut être regardé comme établi, et il ne satisfait pas aux conditions fixées par les dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision lui refusant

la délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Marne.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

signé

V. TORRENTE

Le président-rapporteur,

signé

A. DESCHAMPSLe greffier,

signé

A. PICOT

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions