mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400883 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2024, M. A B, représenté
par Me Gagey, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions
de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 février 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé
de rétablir les conditions matérielles d'accueil jusqu'à ce qu'il soit statué au fond ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir provisoirement les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours suivant
la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration
une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37
de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se trouve sans hébergement et sans ressource alors qu'il souffre de troubles psychologiques ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision en cause n'est pas suffisamment motivée ;
* sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte ;
* il n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend de ce que le bénéfice
des conditions matérielles d'accueil pouvait lui être refusé, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* il n'a pas bénéficié d'un examen sérieux et complet de sa situation alors
qu'une nouvelle demande d'asile avait été enregistrée ;
* la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il a contesté ne pas avoir déféré aux différentes convocations des autorités chargées de l'asile ;
* la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard
de ses conditions de vie et ses troubles psychologiques.
Vu la requête n° 2400887 enregistrée le 15 avril 2024, par laquelle
M. A B, représenté par Me Gagey, demande au tribunal d'annuler la décision
du 28 février 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration
et de l'intégration a refusé de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes
de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. M. B, ressortissant afghan, a déposé le 26 janvier 2022 auprès
de la préfecture de la Marne une demande d'asile, et il a bénéficié des conditions matérielles d'accueil à compter de cette date. Par une décision du 12 août 2022, l'Office français
de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Le requérant a déposé le 30 novembre 2023 une nouvelle demande d'asile qui a été enregistrée en procédure accélérée. Par la décision en litige du 28 février 2024, l'Office français
de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. En l'état de l'instruction, aucun des moyens visés ci-dessus n'est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code
de justice administrative citées au point précédent.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 17 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. C
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