jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GAGEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 avril 2024 et 30 août 2024,
M. A B, représenté par Me Gagey, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 février 2024, par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter du mois de janvier 2024, dans un délai de quinze jours ouvrés à compter de la notification du jugement et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre principal, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, et à titre subsidiaire, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été convoqué en vue d'un examen de sa vulnérabilité ;
-
- elle méconnaît l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi qu'il ait été informé dans une langue qu'il comprend que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pouvait lui être refusé ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, dès lors que n'a pas été prise en compte la circonstance que sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée et qu'il dispose d'une attestation de demande d'asile en cours de validité ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors, d'une part, que le refus d'embarquer est insuffisant à qualifier une intention de se soustraire de façon systématique au contrôle de l'autorité administrative, et d'autre part, qu'il n'est pas établi que le délai de six mois pour le transférer aux autorités bulgares pour l'examen de sa demande d'asile n'était pas expiré et que la France n'était pas devenue compétente pour cet examen ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle retient à tort qu'il n'aurait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile et n'aurait pas déféré aux différentes convocations de ces autorités ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa particulière vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête de M. B.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Rifflard, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né le 30 août 1977, a déposé une demande d'asile en France qui a été enregistrée en procédure Dublin le 26 janvier 2022 auprès de la préfecture de la Marne. Après qu'il a accepté les conditions matérielles d'accueil le 26 janvier 2022, il a été mis fin à celles-ci par décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 12 août 2022. Le 30 novembre 2023, la demande d'asile de M. B a été enregistrée en procédure accélérée auprès de la préfecture de la Marne, et par mél du 18 janvier 2024 il a sollicité un nouvel examen de sa vulnérabilité et le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par décision du 28 février 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil. M. B demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.
1.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne justifie pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de la prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à savoir qu'il s'est abstenu de se présenter aux autorités et était placé en fuite " Dublin " le 20 juillet 2022. Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ajoute par ailleurs, dans son mémoire en défense, que
M. B a refusé d'embarquer le 19 juillet 2022 pour son vol vers la Bulgarie, après avoir été escorté à l'aéroport de Roissy. Toutefois, M. B conteste avoir refusé d'embarquer et fait valoir son incompréhension face à son placement en fuite. Le procès-verbal de transport établi le 19 juillet 2022, quant à lui, comporte seulement la mention, apposée par l'agent de police judiciaire, selon laquelle M. B a été libéré à Roissy après que la mission d'escorte s'est clôturée à 10h40, et ne fait à aucun moment état d'un refus d'embarquer, la case dédiée au refus d'embarquement de ce procès-verbal type n'ayant, à cet égard, pas été cochée. Enfin, si le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration se prévaut des échanges de méls ultérieurs entre l'Office et la préfecture indiquant que M. B avait refusé d'embarquer, ces éléments ne permettent pas, dans les circonstances de l'espèce, d'établir un tel refus, eu égard à la force probante des mentions du procès-verbal susmentionné, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, et que les échanges de mél ne permettent pas à eux seuls de regarder comme erronées. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir qu'en retenant qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile au regard des dispositions précitées dès lors qu'il avait refusé d'embarquer, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'une erreur de fait.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 28 février 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement, si elle n'implique pas nécessairement que le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration rétablisse les conditions matérielles d'accueil de M. B, impose néanmoins que le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration réexamine sa situation. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général d'effectuer un tel réexamen, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. B.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gagey, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Gagey d'une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 février 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil de
M. B, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Gagey, avocate de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gagey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et à Me Gagey.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Briquet, président,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur, Signé
R. RIFFLARD
Le président, Signé
B. BRIQUET
La greffière, Signé
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026