lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP GUILBAULT MILTAT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024, Mme E C, représentée par la SCP Guilbault, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur la date de consolidation de son état de santé ainsi que sur les préjudices subis suite à l'intervention chirurgicale du 2 mars 2022.
Elle soutient que :
- le 2 mars 2022, elle a subi, au sein du centre hospitalier universitaire de Reims, une intervention chirurgicale sous anesthésie locale pour un syndrome de canal carpien droit D1 à ressaut ;
- lors de l'intervention, alors que le chirurgien incisait sa main droite, elle a ressenti une douleur fulgurante sans qu'aucune explication ne lui soit fournie quant au déroulement de l'opération ;
- elle est sortie le jour même avec un compte-rendu ne faisant pas état de l'incident ;
- un second compte-rendu modificatif lui a été transmis par la suite, faisant état de façon laconique de la nécessité d'avoir eu recours à une deuxième injection d'anesthésie ;
- malgré les difficultés rencontrées dans la prise en charge de sa douleur et des soins qui ont suivi l'intervention, le chirurgien a estimé que la situation était régulière et a simplement prolongé l'ordonnance d'antalgiques ;
- une scintigraphie réalisée le 12 mai 2022, a conclu à des " remaniements inflammatoires en projection du poignet droit, probablement d'origine post opératoire récente " ;
- une échographie du canal carpien a révélé par ailleurs un œdème entourant les tendons fléchisseurs ;
- depuis l'intervention, deux doigts de sa main sont paralysés et elle ressent des douleurs insupportables ;
- elle a saisi le tribunal de céans aux fins d'expertise judiciaire visant à confirmer les fautes commises lors de l'opération du 2 mars 2022, à déterminer les éventuelles autres fautes lors de sa prise en charge et à évaluer les préjudices en lien avec les manquements constatés ;
- par ordonnance du 22 décembre 2022, le juge des référés a désigné le professeur D B en qualité d'expert, lequel a déposé son rapport d'expertise le 10 mars 2023 concluant à l'existence d'une maladresse fautive dans la réalisation du geste chirurgical et une erreur de diagnostic fautive dans le suivi post opératoire ; il indiquait également que la date de consolidation ne pouvait être arrêtée dès lors que les soins étaient toujours en cours et non stabilisés ; il précisait qu'une nouvelle évaluation devait être effectuée dix-huit mois après la chirurgie de réparation nerveuse ;
- elle a subi une chirurgie de réparation le 20 mars 2023 ;
- elle est fondée à solliciter le complément d'expertise permettant de fixer la date de consolidation et de compléter les postes de préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par la SCP Normand et associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sans aucune reconnaissance de responsabilité. Il demande que l'expertise, qui devra être confiée au professeur D B, soit ordonnée aux frais avancés de Mme C et que la mission de l'expert soit complétée conformément à ses suggestions.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Les mesures d'expertise demandées par Mme C entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. le professeur D B, exerçant à l'institut mutualiste Montsouris, 42 boulevard Jourdan à Paris (75014), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme C et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Reims ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme C, ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) déterminer la date de consolidation de l'état de santé de Mme C, l'importance du déficit fonctionnel permanent, des souffrances endurées, du préjudice esthétique définitif, du préjudice d'agrément ainsi que les frais futurs à caractère certain et prévisible ; dire si l'état de Mme C est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution ;
3°) à défaut de consolidation indiquer le délai dans lequel Mme C devra être réexaminée en fonction de l'évolution prévisible de son état de santé.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert :
- avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise ;
- recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 5 : L'expert, lui-même soumis au secret médical, pourra se faire communiquer directement par le centre hospitalier l'entier dossier médical de l'intéressée, sans que puisse lui être opposé ce même secret et pourra entendre toute personne du centre hospitalier universitaire de Reims ayant donné des soins à Mme C.
Article 6 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires avant le 31 décembre 2024. L'expert notifiera lui-même les copies aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à la MGEN de Laon, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, au centre hospitalier universitaire de Reims et à M. le professeur D B, expert.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 10 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
O. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026