mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400920 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HAMI-ZNATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, M. A B, représenté par Me Hami-Znati, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision par laquelle le préfet de la Marne a implicitement rejeté de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de lui accorder dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le même délai et sous la même astreinte.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est dépourvue d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.435-1 du même code ;
- elle méconnait les dispositions des articles L.421-1 et L.421-2 du même code ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article 9 du code civil ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnait son droit à être entendu ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour les mêmes motifs ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.435-1 du même code pour les mêmes motifs ;
- elle méconnait les dispositions des articles L.421-1 et L.421-2 du même code pour les mêmes motifs ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article 9 du code civil ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant son titre de séjour ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article 9 du code civil.
La requête a été communiquée au préfet de la Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Soistier, premier conseiller a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien, est entré en France le 12 septembre 2019, à l'âge de seize ans, avant d'être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) jusqu'à sa majorité. Par un courrier en date du 24 juillet 2023, il a introduit auprès des services du préfet de la Marne une demande de titre de séjour. Par la présente requête, M. B demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. "
3. Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. La décision refusant la délivrance d'une carte de séjour constitue une mesure de police qui est au nombre de celles qui doivent être motivées. Par suite, il est loisible à l'intéressé de demander, dans le délai du recours contentieux, les motifs de la décision implicite ayant le même objet. En l'absence de communication de ces motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.
5. Par un courrier enregistré le 25 juillet 2023 par les services de la préfecture de la Marne, M. B a présenté une demande de délivrance d'un titre de séjour. Le silence gardé par l'administration a fait naitre une décision implicite de rejet. Par un courrier de son conseil du 15 janvier 2024, dont il a été accusé réception le 16 janvier 2024, M. B a sollicité la communication des motifs de cette décision. Il n'a pas été fait droit à cette demande. En premier lieu, si par un courrier du 31 janvier 2024, l'administration a indiqué à l'intéressé que sa demande n'avait pas fait l'objet d'un refus et était en cours d'instruction, cette réponse ne saurait faire échec aux dispositions précitées qui prévoient la naissance d'une décision implicite de refus passé un délai de quatre mois après la demande de délivrance d'un titre de séjour. En second lieu, il est constant que l'administration n'a pas fait droit à la demande de communication des motifs de la décision implicite précitée, présentée dans le délai prévu par l'article L. 232-3 du code des relations entre le public et l'administration pour M. B. Il s'ensuit que la décision implicite en cause est entachée d'illégalité et ne peut être qu'annulée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'annulation de l'arrêté attaqué, eu égard au motif qui en constitue le fondement, implique seulement un réexamen de la situation de l'intéressé et qu'une décision soit prise dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte. Le préfet délivrera à M. B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant le réexamen de sa demande, dans un délai de dix jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Hami-Znati, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Hami-Znati de la somme de 1 200 euros au titre des frais que le requérant aurait exposé dans la présente instance s'il n'avait pas été admis à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le préfet de la Marne a rejeté la demande de titre de séjour de M. B, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Marne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, ainsi que de lui délivrer, dans un délai de dix jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'Etat versera à Me Hami-Znati, avocate de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Hami-Znati renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Hami-Znati et au préfet de la Marne.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Nizet, président,
- M. Soistier, premier conseiller,
- M. Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. SOISTIERLe président,
O. NIZET
La greffière,
I. DELABORDE
No 2400920
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026