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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400953

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400953

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400953
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 avril 2024, M. A B, représenté par Me Mainnevret, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de la Marne de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

2°) mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où il doit prendre un poste de médecin gériatre au contre hospitalier de Saint-Dizier, lequel lui demande son titre de séjour, alors que le préfet de la Marne a refusé d'enregistrer ses demandes de carte de séjour présentées les 21 février et 2 avril 2024 ;

- ce refus l'expose à un grande précarité administrative, le maintien dans une précarité économique et prive le service public hospitalier d'un médecin ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à la liberté de travail ;

- il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Maleyre, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant burundais né le 15 juillet 1989, est entré régulièrement en France dans le courant de l'année 2022. A la suite de sa réussite aux épreuves de vérification des connaissances au titre de la session 2023 organisées par le centre national de gestion, lequel a prononcé son affectation au centre hospitalier de Saint-Dizier en qualité de médecin gériatre, l'intéressé a présenté, le 21 février 2024, une demande de carte de séjour pluriannuelle sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-13-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont l'enregistrement a été refusé par le préfet de la Marne le lendemain. M. B a présenté une demande sur tout fondement le 2 avril 2024, qui n'a également pas été enregistrée. En raison de sa prise de poste programmée le 2 mai 2024 et de la nécessité de disposer d'un titre de séjour, M. B demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à au préfet de la Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

5. Aux termes de l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Aux termes de l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le visa de long séjour ou le titre de séjour en cours de validité fait partie des pièces à fournir à l'appui d'une demande de carte de séjour portant la mention " passeport talent ", y compris s'agissant de la carte de séjour pluriannuelle nouvellement créée à l'article L. 421-13-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile issu de la loi du 26 janvier 2024, et le dossier de demande d'autorisation de travail soumis par l'employeur fait partie des pièces à fournir à l'appui d'une demande de carte de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers

et du droit d'asile.

6. D'une part, il ne résulte pas des pièces figurant au dossier que M. B serait titulaire d'un visa de long séjour ou d'un titre de séjour en cours de validité. Dès lors, son dossier de demande au titre de l'article L. 421-13-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était incomplet. D'autre part, il n'est pas allégué ni justifié par l'intéressé

que son dossier de demande de titre de séjour, notamment présenté au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comportait le dossier de demande d'autorisation de travail. Son dossier est donc également incomplet. Dans ces conditions, l'absence de délivrance de récépissé à ce titre ne saurait être regardée comme manifestement illégale.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont manifestement infondées en l'état de l'instruction et doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions au titre des frais de l'instance.

O R DO N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 23 avril 2024.

Le juge des référés,

signé

P-H. MALEYRE

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