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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400961

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400961

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400961
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantOPYRCHAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, le département de l'Aube, représenté par l'AARPI Baker et McKenzie, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer la cause des désordres affectant l'hôtel du département.

Il soutient que :

- en 2011, il a lancé une procédure de passation en vue de l'attribution de marchés publics de travaux relatifs à la construction de l'extension de l'hôtel du département et de l'auditorium de l'Aube;

- les travaux répartis en 26 lots ont été réceptionnés sous réserves à des dates différentes selon les lots au cours de l'année 2014. Les réserves ont été levées au plus tard au début de l'année 2015 ;

- en 2021, il a constaté plusieurs désordres sur l'extension de l'hôtel du département ;

- le 10 janvier 2022, il a déclaré ce sinistre auprès de son assureur, la SMABTP, au titre de son contrat dommages-ouvrage et garantie complémentaire de responsabilité décennale ;

- à l'issue d'une expertise diligentée par la SMABTP, celle-ci a indiqué que les garanties du contrat dommages-ouvrage n'était pas applicables ;

- au vu de l'ampleur et de la rapidité de progression des désordres, il a sollicité une nouvelle expertise auprès de la SMABTP qui a nommé un sapiteur, lequel a présenté ses premiers éléments à l'issue d'une réunion qui s'est tenue le 12 septembre 2022 ;

- les échanges avec les experts n'ont pas donné lieu à de nouvelles opérations d'expertise ni à la remise d'un nouveau rapport ;

- la mise en demeure de notifier sa décision quant au principe de la mise en jeu des garanties prévues au contrat adressée à la SMABTP le 12 février 2024 n'a fait l'objet d'aucune réponse ;

- il n'est pas en mesure de déterminer l'étendue exacte des désordres ainsi que leurs conséquences et leur évolution à court, moyen ou long terme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, l'Apave SA et la société Apave infrastructures et construction France, venant aux droits de l'Apave parisienne, représentées par la SELARL Sandrine Marié, demandent au tribunal :

- de mettre purement et simplement hors de cause l'Apave SA ;

- de juger que l'Apave infrastructures et construction France est recevable en son intervention volontaire et lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.

Elles font valoir que :

- dès lors que l'acte d'engagement a été conclu entre le groupement de contrôleur technique composé de la société Socotec et de l'Apave parisienne et le département de l'Aube, il y a lieu de mettre hors de cause l'Apave SA et de donner acte à l'Apave infrastructures et construction France venant aux droits de l'Apave parisienne par voie d'apport partiel d'actif de son intervention volontaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, la SARL Sondefor, représentée par Me Aline Poirson, demande au tribunal de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise formulée par le département de l'Aube.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, la SARL Lagarde et Meregnani, représentée par la SCP Hermine avocats associés, demande au tribunal de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande d'expertise formulée. Elle demande en outre que l'expertise soit réalisée aux frais avancés du département de l'Aube.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2024, la société Geotec, représentée par la SELARL Rodas Del Rio, demande au tribunal de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée.

La requête a été communiquée le 25 avril 2024 à la SMABTP, à la société Haiku Architecture, à M. E D architecte, à la société CRN Brocard, à la société SA Batiteg, à la société Charpentes JPM, à la société Barthes BE Bois, à la SAS Tecs, à la société Groupe Hydrogeotechnique, à la société Socotec et à la société Betelec et le 30 avril 2024 à la société Varlet ingénierie et à la société S.E.T.I.B, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.

2. Les mesures d'expertise demandées par le département de l'Aube entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.

Sur les conclusions tendant à la mise hors de cause de l'Apave SA :

3. Il ressort des pièces du dossier que l'acte d'engagement n'a pas été conclu par l'Apave SA mais par l'Apave Parisienne. Il y a lieu dès lors de mettre hors de cause la société Apave SA.

Sur l'intervention volontaire de la société Apave infrastructures et construction France :

4. La société Apave infrastructures et construction France fait valoir qu'elle vient aux droits de l'Apave parisienne par voie d'apport partiel d'actif. Dans ces conditions, il y a lieu d'admettre son intervention volontaire et de dire que les opérations d'expertise se dérouleront en présence de la société Apave infrastructures et construction France à titre individuel et es qualité de mandataire du groupement de contrôleur technique.

O R D O N N E :

Article 1er : La société Apave SA est mise hors de cause.

Article 2 : M. A C, demeurant 10 C rue d'Avat à Coupéville (51240), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux, à l'hôtel du département de Troyes, et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres visés dans la requête qui affectent le sous-sol, le rez-de-chaussée de l'espace Champagne et de l'espace Informatique, le couloir du premier étage et la zone Président du deuxième étage de l'espace Champagne, en indiquant leur date d'apparition ;

2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;

3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, aux conditions de direction ou de surveillance du chantier, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

4°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;

5°) donner son avis motivé sur la demande chiffrée présentée par les parties tendant à l'évaluation du coût des travaux ;

6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert :

- avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise ;

- recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.

Article 5 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires avant le 31 décembre 2024. L'expert notifiera lui-même les copies aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au département de l'Aube, à la SMABTP, à la société Haiku architecture-cabinet Thienot Ballan Zulaica architectes, à M. D, à la société Varlet ingénierie, à la société Sondefor, à la société CRN Brocard, à la société Batiteg, à la société Charpentes JPM, à la SARL Lagarde et Meregnani, à la société S.E.T.I.B, à la société Barthes BE bois, à la société Tecs, à la société groupe Hydrogéotchnique, à la société Geotec, à la société Apave, à la société Socotec France, à la société Betelec, à la société Apave infrastructures et construction France et à M. A C, expert.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 8 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

O. B

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