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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400969

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400969

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400969
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à l'administration pénitentiaire, d'une part, de lui permettre de voir ses enfants en visioconférence pendant trente minutes deux fois par mois et, d'autre part, son transfert dans un établissement pénitentiaire situé dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin.

Il soutient que :

- il ne peut pas voir ses trois enfants en visioconférence pendant trente minutes deux fois par mois depuis qu'il a été transféré au centre de détention de Villenauxe-la-Grande ;

- son incarcération dans ce centre de détention rend impossible toute visite de ses enfants, qui sont placés dans un foyer dans le département du Bas-Rhin, alors qu'un transfert dans un établissement pénitentiaire situé dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin le permettrait ;

- il n'a plus parler à ses enfants depuis novembre 2023 et ces derniers ne peuvent pas compter sur leur mère, malade ;

- l'administration pénitentiaire n'a pas répondu à ses différentes demandes ;

- ces éléments sont constitutifs d'une urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;

- il est porté atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale et à l'intérêt supérieur de ses enfants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Maleyre, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est détenu au centre pénitentiaire de de Villenauxe-la-Grande depuis le 22 février 2024, après avoir été incarcéré dans le centre de détention de Fleury-Mérogis de 2021 à novembre 2023 et à la maison d'arrêt du Val-d'Oise à Osny. Par la présente requête,

M. A demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de lui permettre de voir ses enfants en visioconférence pendant trente minutes deux fois par mois et de procéder à son transfert dans un établissement pénitentiaire situé dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.

4. L'impossibilité de pouvoir communiquer et de voir ses trois enfants porte incontestablement atteinte au droit de M. A à mener une vie privée et familiale normale en dépit de sa condition de détenu. Toutefois, en se bornant à soutenir que ses démarches auprès de l'administration pénitentiaire visant à pouvoir effectuer des visioconférences et à être transféré dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin n'ont pas abouti, alors qu'il résulte de ses écrits mêmes qu'il n'a pas vu physiquement ses enfants depuis 2021 et que l'impossibilité d'échanger avec eux par visioconférence perdure depuis le mois de novembre 2023 et son transfert à la maison d'arrêt du Val-d'Oise, l'intéressé, qui n'allègue pas en outre ne pas pouvoir communiquer avec eux par d'autres moyens, n'apporte aucun élément justifiant que le juge des référés fasse usage, dans les quarante-huit heures, des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour assurer une sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Monsieur B A.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 25 avril 2024.

Le juge des référés,

Signé

P-H. MALEYRE

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