mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LOMBARDI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 24 avril 2024 sous le numéro 2400974, M. C D B, représenté par Me Lombardi, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 25 mars 2024, par lequel la préfète de l'Aube a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a l'obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas de défaut d'exécution volontaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il méconnait les dispositions de l'article L.233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.423-23 du code précité.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, la préfète de l'Aube, représentée par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
M. D B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2024.
II. Par une requête, enregistrée le 24 avril 2024 sous le numéro 2400975, Mme E D, représentée par Me Lombardi, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 25 mars 2024, par lequel la préfète de l'Aube a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a l'obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée en cas de défaut d'exécution volontaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il méconnait les dispositions de l'article L.233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.423-23 du code précité.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, la préfète de l'Aube, représentée par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soistier, premier conseiller,
- et les observations de M. et Mme D B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D B et Mme E D, ressortissants roumains, sont entrés respectivement en France le 16 février 2009 et le 16 juillet 2002. En avril 2019, M. D B a obtenu une carte de séjour " citoyen européen - salarié ", puis en 2021, une carte de séjour " citoyen européen - non actif ". Mme D a obtenu en 2019, une carte de séjour " membre de famille - A ". Le 13 octobre 2022, ils ont sollicité le renouvellement de leurs titres de séjour en qualité de " citoyen européen - non actif ". Par deux arrêtés en date du 25 mars 2024, la préfète de l'Aube a rejeté leur demande, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays a destination duquel ils pourront être éloignés en cas de défaut d'exécution volontaire. Par la présente requête, ils demandent l'annulation, pour excès de pouvoir, des arrêtés précités.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an () / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
3. Pour fonder les arrêtés en litige, la préfète de l'Aube a notamment relevé que M. et Mme D ne présentent aucune insertion particulière en France et ne démontrent pas avoir constitué une " vie privée et familiale ancienne, stable et intense ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les intéressés sont entrés en France respectivement les 16 février 2009 et 16 juillet 2002, qu'ils vivent ensemble dans leur propriété à Romilly-sur-Seine, avec leurs trois enfants mineurs, F C D, de nationalité française, Perla D, et Baron D, lesquels sont scolarisés dans leur commune. Il est constant que M. et Mme D B ont obtenu en 2019 une carte de séjour " citoyen européen ", laquelle a été reconduite jusqu'au 29 janvier 2022. Il ressort également des pièces du dossier que M. D a suivi une formation professionnelle d'agent de déchetterie à Romilly-sur-Seine et soutient au demeurant, à la barre, travailler désormais au sein de cette commune en cette qualité. Dans ces conditions, les requérants, eu égard à la durée de leur séjour en France, à leur insertion en France, pays où ils possèdent un bien immobilier, et dont un des enfants est français, sont fondés à soutenir que les arrêtés contestés ont méconnu leur droit au respect de leur vie privée et familiale et, par suite, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Par suite, il y a lieu d'annuler les décisions attaquées sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens des requêtes.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
6. Eu égard au motif qui la fonde, l'annulation des arrêtés attaqués implique nécessairement et en l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait, que des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " soient délivrés à M. et Mme D sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
7. M. et Mme D ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, leur avocate peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Lombardi, avocate de M. et Mme D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lombardi de la somme de 1 200 euros au titre des frais que les requérants auraient exposés dans la présente instance s'ils n'avaient pas été admis à l'aide juridictionnelle.
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D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés de la préfète de l'Aube du 25 mars 2024 sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera à Me Lombardi, avocate de M. et Mme D, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lombardi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Il est enjoint d'office à la préfète de l'Aube de délivrer, à M. et Mme D, un titre de séjour, à chacun, portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D B et Mme E D, à Me Laura Lombardi ainsi qu'à la préfète de l'Aube.
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Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nizet, président,
M. Soistier, premier conseiller,
M. Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. SOISTIERLe président,
O. NIZET
La greffière,
I. DELABORDE
No 2400974
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026