vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400979 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, Mme C, représentée par Me Boia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code
de justice administrative, au préfet de la Marne de procéder à l'enregistrement de sa demande
de carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et de lui délivre un récépissé
le temps nécessaire à l'instruction de sa demande dans un délai de quinze jours à compter
de la mise à disposition de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le refus d'enregistrement de sa demande de carte de séjour temporaire la place en situation irrégulière et d'insécurité, l'exposant à un éloignement à destination de son pays d'origine, à un placement en rétention administrative et à l'impossibilité de quitter le territoire français durant les vacances universitaires ;
- un tel refus l'expose à la précarité économique, ne pouvant renouveler ses droits à la complémentaire santé solidaire ni solliciter des aides sociales autres ;
- la condition d'urgence est donc remplie ;
- il est porté une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir et à la liberté d'instruction ;
- cette atteinte est manifestement illégale dans la mesure où la production
d'une inscription dans un établissement d'enseignement constitue un élément nouveau qui aurait dû conduire le préfet à enregistrer sa demande et à lui délivrer un récépissé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Maleyre, premier conseiller, pour statuer
sur les litiges visés à l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante gabonaise née le 23 avril 1998, est entrée régulièrement en France le 10 décembre 2018 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 29 août 2018 au 29 août 2019.
Par un arrêté du 3 avril 2023, le préfet de la Marne a refusé de lui renouveler cette carte de séjour temporaire et l'a obligée à quitter territoire français. Par un courrier du 5 février 2024, l'intéressée a présenté une demande de carte de séjour temporaire sur le fondement
des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à titre principal et celles de l'article L. 435-1 à titre accessoire. Par une décision du 4 avril 2024, le préfet de la Marne a refusé d'enregistrer sa demande. Par la présente requête, Mme B sollicite du juge des référés du tribunal, sur le fondement
de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Marne d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi
d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence
ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas
de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Le requérant qui choisit de fonder son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L.521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure particulière instituée par l'article L.521-2 précité du même code doit justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière rendant nécessaire, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, l'intervention à très brève échéance d'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à ce que sa demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " soit enregistrée et à se voir délivrer un récépissé,
Mme B soutient que le refus du préfet de la Marne la place dans une situation de précarité tant administrative qu'économique et qu'il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à sa liberté d'instruction. Toutefois, ces seules allégations, générales, qui ne sont ni étayées, ni circonstanciées, alors que, notamment, la formation qu'elle suit a débuté depuis plusieurs mois et qu'elle ne bénéficie plus d'une carte de séjour temporaire depuis
le 3 avril 2023, ne suffisent pas à caractériser une situation d'urgence nécessitant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures en vue de sauvegarder une liberté fondamentale. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles tendant
au prononcé d'astreintes et au remboursement des frais de l'instance.
O R DO N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 26 avril 2024
Le juge des référés,
signé
P-H. MALEYRE
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