vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400996 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2024, M. A B, représenté par Me Calot, doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 6 février 2024 par laquelle son départ anticipé à la retraite lui a été refusé, ainsi que celle du 27 février 2024 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre l'Etat de faire droit à sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la mise à disposition de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où l'exécution de la décision en litige aura pour effet irréversible de le faire travailler une année supplémentaire et donc de le priver du dispositif de départ anticipé à la retraite pour cause de carrière longue ;
- dès lors qu'il cumule 169 trimestres d'activité et qu'il a débuté celle-ci avant ses vingt ans grâce au service national, il peut partir en retraite anticipée à compter du 1er juin 2024, contrairement à ce qu'a finalement retenu l'administration par une mauvais application des dispositions de l'article D. 16-2 du code des pensions civiles été militaires de retraite.
Vu :
- la requête, en registrée sous le n° 2400943, par laquelle M.B demande au tribunal d'annuler les décisions des 6 et 24 février 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Maleyre, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 26 décembre 1962, détenteur du grade de secrétaire administratif de classe exceptionnel et affecté à la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de la Marne a présenté une demande de départ anticipé à la retraite au titre des carrières longues. Par une décision du 6 février 2024, le service des retraites de l'Etat a refusé de faire droit à cette dernière au motif qu'il n'avait pas acquis assez de trimestres avant l'âge de vingt ans et l'a informé qu'il pourrait partir en retraite à compter du 26 juin 2025. L'intéressé a formé un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 27 février 2024. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces décisions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution des décisions des 6 et 27 février 2024, M. B se borne à soutenir qu'il devra travailler une année de plus et qu'il ne pourra donc pas bénéficier du dispositif de départ anticipé en retraite en lien avec une carrière longue. Toutefois, ces seuls éléments ne justifient pas de circonstances particulières de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. B. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre des frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 26 avril 2024
Le juge des référés,
Signé
P-H. MALEYRE
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