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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401030

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401030

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401030
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantSELARL LE CAB AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2403002 du 30 avril 2024, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le magistrat désigné du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D K.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Strasbourg le 27 avril 2024, M. D K, représenté par Me Boia, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, au bénéfice de son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Sur le moyen commun à l'ensemble de l'arrêté :

- l'arrêté litigieux est signé par un auteur dont la compétence n'est pas démontrée ;

Sur l'obligation de quitter le territoire sans délai :

- l'obligation de quitter le territoire français ayant été prise sur le fondement de l'asile, le préfet ne pouvait pas édicter une obligation de quitter le territoire français sans délai, elle est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

Sur la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est disproportionnée en tant qu'elle fixe une durée d'interdiction de retour de deux ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mégret, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Boia, représentant M. J,

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D K, ressortissant congolais né le 2 juin 1985 qui déclare être entré en France en août 2021, a sollicité des autorités françaises son admission au séjour au titre d'asile. Par une décision du 28 avril 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Celle-ci a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) par une décision du 26 janvier 2023. Le 25 avril 2024, M. J a fait l'objet d'un contrôle d'identité par les services de la police aux frontières de Thionville à la suite duquel le préfet de la Moselle, par un arrêté du même jour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. M. J demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la demande du requérant, il y a lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

3. Par un arrêté du 17 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 22 janvier 2024, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme H E, cheffe du bureau du contentieux et de l'intégration, en cas d'absences ou d'empêchements simultanés de M. B F, directeur de l'immigration et de l'intégration et de M. C A, directeur adjoint, chef du bureau de l'admission au séjour, à l'effet de signer l'ensemble des actes se rapportant aux matières relevant de cette direction, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions querellées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son auteur ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

4. En premier lieu, l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () /2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". Aux termes de l'article L. 612-1 de ce code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :(); 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, selon l'article L. 612-3 du code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

5. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. J a été rejetée tant par l'OFPRA que par la CNDA et qu'il n'a plus, depuis la date à laquelle lui a été notifiée la décision de la CNDA, le 8 février 2023, droit au maintien sur le territoire français. En outre, il ressort du procès-verbal d'audition du 25 avril 2024 que le requérant ne dispose pas de ressources, est logé par le 115 et ne présente ainsi pas de garanties de représentation suffisantes faute de pouvoir justifier d'une résidence stable et effective sur le territoire français. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale, ni que l'arrêté a été pris sur le fondement de l'article L. 611-1, 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen sera donc écarté.

6. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, son droit au séjour s'est bien achevé après qu'il ait reçu notification de l'arrêt de la CNDA, alors même qu'il détenait une attestation de demande d'asile valable jusqu'au 1er juillet 2023, cette dernière n'étant valable que jusqu'à ce que la CNDA ait statué, conformément à l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que M. J n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement édictée à son encontre serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

8. Si M. J fait valoir qu'il vit en concubinage avec Mme G I, de nationalité congolaise (République démocratique du Congo), et que de leur union est née un enfant le 5 avril 2024, d'une part, la réalité du concubinage n'est pas établie et rien ne permet d'établir qu'il ne pourrait pas reconstituer la cellule familiale avec sa compagne, elle-même en situation irrégulière, en République du Congo ou dans tout autre pays au sein duquel il serait admissible. D'autre part, il n'établit pas ni même n'allègue être dépourvu d'attaches en cas de retour dans son pays d'origine. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant est arrivé récemment en France et qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 36 ans. Il s'ensuit que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit donc être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte des stipulations précitées de la convention internationale des droits de l'enfant que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur de l'enfant.

10. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que la cellule familiale pourrait se reconstituer en dehors du territoire français. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention nationale des droits de l'enfant.

11. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français sans délai de M. J doivent être rejetées.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. J ne saurait exciper de l'illégalité de la décision d'éloignement dont il fait l'objet à l'appui de sa contestation de la décision fixant son pays de renvoi. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 8, M. J n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant son pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

16. Le requérant se prévaut de craintes de persécution, en raison de ses opinions politiques, en cas de retour dans son pays d'origine, de la part de militants du parti victorieux aux élections présidentielles de 2016 qui auraient assassiné trois de ses amis et de ce que ces persécutions se seraient poursuivies jusqu'au Maroc, puis jusqu'au Sénégal, où il a séjourné entre 2016 et 2021. Toutefois, d'une part, l'OFPRA et la CNDA ont rejeté sa demande de protection internationale ; d'autre part, M. J, qui ne reprend que ce qu'il a soutenu devant l'OFPRA, ne produit, dans la présente instance, aucun élément susceptible de venir au soutien de ses allégations, ni aucun élément nouveau. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être qu'écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi de M. J doivent être rejetées.

Sur la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que M. J ne saurait exciper de l'illégalité de la décision d'éloignement dont il fait l'objet à l'appui de sa contestation de la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués aux points 8 et 10, M. J n'est pas fondé à soutenir que la décision querellée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens seront écartés.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 de ce code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (). ".

21. Si le requérant se prévaut d'une absence d'atteinte à l'ordre public et de ce qu'il souhaite pouvoir vivre en France en famille, il ne justifie et ne se prévaut, au demeurant, d'aucune circonstance humanitaire empêchant l'édiction d'une interdiction de retour. De plus, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne justifie d'une ancienneté de séjour en France que de deux ans et huit mois, et qu'il se maintient en situation irrégulière depuis plus d'un an et deux mois. Dans ces conditions, alors même que l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, M. J n'est pas fondé à soutenir que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans est disproportionnée. Le moyen soulevé en ce sens ne peut être qu'écarté.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français de M. J doivent être rejetées.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. J ne peuvent être que rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : M. J est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête de M. J est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D K, à Me Alexandrine Boia et au préfet de la Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

S. MÉGRET

La greffière,

Signé

S. VICENTE

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