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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401039

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401039

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401039
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantLEBAAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Lebaad, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet des Ardennes l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire au séjour sur fondement des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et une carte de séjour temporaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- l'arrêté litigieux a été signé par un auteur dont la compétence n'est pas démontrée ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnait le principe du contradictoire dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations préalablement à son édiction ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnait les dispositions des articles L. 261-1 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an méconnait les dispositions de l'article L. 612-10 du le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- cette décision est illégale, la décision portant obligation de quitter le territoire français étant elle-même illégale.

La requête de Mme A a été communiquée au préfet des Ardennes, a produit des pièces au dossier, sans présenter d'observations.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mégret, présidente-rapporteure,

- les observations de Me Lebaad, représentant Mme A, présente.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante géorgienne née le 3 juillet 1972 qui déclare être entrée sur le territoire français le 13 juillet 2023, a sollicité des autorités françaises son admission au séjour au titre de l'asile en raison de craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 13 décembre 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 5 avril 2024. Par un arrêté du 12 avril 2024, dont Mme A demande l'annulation, le préfet des Ardennes l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". La requérante s'étant vu accorder l'aide juridictionnelle, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur les moyens communs à l'ensemble de l'arrêté :

2. En premier lieu, par un arrêté du 13 juillet 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, diffusé sur le site internet de la préfecture, accessible à tous, le préfet des Ardennes a donné délégation à M. Joël Dubreuil, secrétaire général de la préfecture des Ardennes, à l'effet de signer tous arrêtés relevant des attributions de l'État dans le département des Ardennes, à l'exception de certains actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". L'article L. 613-2 de ce même code dispose que : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Aux termes de l'article

L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Et aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code, lequel est applicable au cas d'espèce : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

4. L'arrêté litigieux comporte les considérations de droit et de fait qui le fonde et notamment les éléments relatifs à sa vie privée et familiale et qu'elle est entrée en France à l'âge de 51 ans. La circonstance que l'arrêté ne comporte pas tous les éléments concernant son parcours, ni la situation de son mari n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, d'une part, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États-membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

6. D'autre part, l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". Dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise, notamment, après que la qualité de réfugié ait été définitivement refusée à l'étranger et après que le demandeur d'asile a précisé à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit reconnue la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Or, le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que l'administration statue sur une demande d'asile, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre à même la personne concernée de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français.

7. Mme A se borne à faire valoir qu'elle n'a pas pu présenter préalablement ses observations auprès des services préfectoraux, alors qu'elle a pu présenter les observations sur sa situation administrative et personnelle qu'elle estimait utiles dans le cadre de l'examen de sa demande de protection internationale devant l'OFPRA et qu'elle ne justifie ni avoir sollicité en vain un entretien, ni même avoir été empêchée de présenter des observations ou des documents avant que ne soit pris l'arrêté litigieux. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que cet arrêté méconnait le principe du contradictoire en tant qu'elle n'aurait pas été mise à même de présenter ses observations préalablement à son édiction. Le moyen doit donc être écarté.

8. En quatrième lieu, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme A n'est entrée en France que très récemment. Si elle se prévaut de la présence de son époux sur le territoire français, lequel serait gravement malade et a sollicité, pour cette raison, un titre de séjour portant la mention " étranger malade ", il ressort toutefois des pièces du dossier que ce dernier a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 5 mars 2024 et que par un jugement n°2400731 du 17 mai 2024, le tribunal a rejeté sa demande d'annulation notamment au titre de la santé. En outre, Mme A reconnaît ne pas avoir déposé de demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité d'accompagnante d'une personne dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale. De plus, si la requérante allègue, par ailleurs, être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de cinquante et un ans, elle ne l'établit pas. Enfin, elle n'établit pas non plus entretenir des relations stables et intenses avec des personnes séjournant régulièrement en France. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision d'éloignement querellée porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquelles elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision d'éloignement litigieuse et celle portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an méconnaitraient les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peuvent être qu'écartés comme infondés.

10. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté querellé serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

11. En sixième lieu, en vertu de l'article L. 261-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 251-1 mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-4, à destination duquel les citoyens de l'Union européenne sont renvoyés en cas d'exécution d'office. Selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

12. D'une part, si Mme A soutient que l'arrêté litigieux méconnait ces dispositions ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ressort des termes mêmes de cet arrêté, en particulier de l'article 2 de son dispositif, que celui-ci mentionne effectivement, en application des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le pays à destination duquel Mme A serait renvoyée en cas d'exécution d'office de la décision d'éloignement édictée à son encontre, à savoir notamment le pays dont elle possède la nationalité, soit la Géorgie. Par suite, le moyen est écarté.

13. D'autre part, Mme A se prévaut de craintes de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Géorgie à raison de son adhésion au parti mouvement national unifié, pour lequel elle dit avoir activement milité à partir de 2012 et indique avoir été licenciée de son précédent emploi en Géorgie à raison de ses opinions politiques. Elle précise en particulier avoir été identifiée comme opposante du parti au pouvoir par un agent des forces de l'ordre géorgiennes à la suite d'une manifestation à laquelle elle a participé au soutien du dirigeant de son parti politique, et que, pour ces raisons, son époux et elle-même ont fait l'objet d'agressions physiques et de menaces de mort. Toutefois, l'absence d'éléments versés au dossier au soutien de ses allégations ne permet pas au juge de les regarder comme établies. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, au vu des motifs précédemment énoncés, Mme A ne saurait exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de sa contestation de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " L'article L. 612-10 de ce code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

16. Mme A soutient que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, édictée à son encontre, est entachée d'une erreur d'appréciation. Toutefois, l'intéressée ne justifie d'une ancienneté de séjour en France que de dix mois à la date de la décision contestée, laquelle n'est due qu'à la durée de l'examen de sa demande de protection internationale. En outre, elle ne justifie d'aucune attache sur le territoire français et son époux a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 5 mars 2024, ainsi qu'il a été dit précédemment au point 9. Dans ces conditions, alors même que l'intéressée n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ou qu'il n'est pas allégué que sa présence en France représentait une menace pour l'ordre public, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire, édictée à son encontre pour une durée d'un an, serait entachée d'une erreur d'appréciation. Le moyen soulevé en ce sens ne peut être qu'écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A ne peuvent être que rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent également être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Barbara Lebaad et au préfet des Ardennes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

S. MÉGRET

La greffière,

Signé

S. VICENTE

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