jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ZINE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, le département des Ardennes, représenté par la SELARL D4 Avocats associés, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer les causes et origines des désordres affectant le collège de la commune d'Attigny (08).
Il soutient que :
- au cours de l'année 2012, il a entrepris la construction d'un collège sur la commune d'Attigny ;
- depuis 2019 des phénomènes d'infiltration d'eau pendant les épisodes pluvieux et pendant les périodes de gel/dégel sont apparus ainsi qu'une corrosion des chéneaux ;
- une déclaration de sinistre a été faite à la SMABTP le 1er mars 2019 à la suite de laquelle des travaux d'isolation ont été réalisés ;
- malgré ces travaux, les phénomènes de corrosion et d'infiltration sont réapparus faisant l'objet d'une nouvelle déclaration de sinistre le 17 janvier 2022 ;
- des dispositifs de canalisation et d'évacuation des eaux issues des infiltrations ont été mis en place provisoirement pour permettre l'utilisation du réfectoire ;
- une réunion d'expertise s'est tenue le 28 janvier 2022 permettant d'identifier une fuite en toiture dans le réfectoire au niveau du chéneau en partie inférieure de la verrière ainsi qu'une corrosion du chéneau atelier et cuisine entraînant des infiltrations ;
- les désordres persistent et ni les causes de ces désordres ni les responsabilités ne sont identifiées.
Par un mémoire, enregistré le 18 juin 2024, la SMABTP, représentée par la SCP Badré Hyonne Sens-Salis Roger, demande au tribunal :
- de lui donner acte, conformément aux dispositions de l'article R. 632-1 du code de justice administrative et en sa qualité d'assureur dommages-ouvrages et d'assureur responsabilité CNR du département des Ardennes, de son intervention volontaire à la procédure et de ce qu'elle s'associe à la demande formée par le département des Ardennes tendant à l'organisation d'une mesure d'expertise ;
- de juger qu'elle justifie de l'utilité que les opérations d'expertise ordonnées soient déclarées communes et opposables et se déroulent en présence du M. B C, de la société Egis Bâtiment Grand Est, de la SARL MCI Thermiques, de la société Apave, de la Mutuelle des architectes français, de la compagnie AXA Assurances, de la compagnie Allianz venant aux droits de la compagnie Gan Eurocourtage Iard, de la compagnie Groupama Nord Est et de la compagnie Lloyd's de Londres ;
- de rejeter toute demande plus ample ou contraire.
Elle fait valoir que :
- elle est recevable à intervenir volontairement dès lors qu'elle défend un intérêt distinct de celui dont se prévaut le département des Ardennes auquel elle s'associe, en sa qualité d'assureur dommages-ouvrages et d'assureur CNR ;
- l'appel en intervention forcée des autres locateurs d'ouvrage dont la responsabilité est susceptible d'être engagée ainsi que de leurs assureurs est utile afin que l'expertise se déroule contradictoirement à leur égard.
Par un mémoire en défense, enregistré la 9 juillet 2024, la société Axima Concept, représentée par le cabinet Zine Avocats et Conseil, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, la société Soprema Entreprises, représentée par la SCP Delvincourt Caulier-Richard Castello, demande au tribunal de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, la SA Warsmann, la SARL Lempereur et la SASU Goudalle Charpente, représentées par la SCP Badré Hyonne Sens-Salis Roger, demandent au tribunal de leur donner acte de leurs protestations et réserves quant à l'organisation de la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, la société Eiffage Construction Champagne-Ardenne, représentée par la SELARL Raffin associés, demande au tribunal de statuer ce que de droit quant à la demande d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, la société Eurovia Champagne-Ardenne, représentée par la SCP Delvincourt Caulier-Richard Castello, demande au tribunal :
- de rejeter la requête du département des Ardennes en ce qu'elle dirigée à son encontre ;
- de mettre à la charge du département des Ardennes la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- en sa qualité de titulaire du lot n° 1 " VRD/Terrassement ", sa présence aux opérations d'expertise est dépourvue d'intérêt dès lors que les désordres dénoncés par le département des Ardennes, qui portent sur des infiltrations d'eau associées à une corrosion des chéneaux, ne la concernent aucunement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, la société Allianz Iard, représentée par la SELARL Legabat, demande au tribunal de lui donner acte de ce qu'elle formule, en sa qualité d'assureur de la société Egis Bâtiment Grand Est, ses protestations et réserves quant à la demande visant à lui voir rendre communes et opposables les opérations d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, la société AXA France Iard, représentée par la SCP Rahola Creusat Lefevre, demande au tribunal de lui donner acte, en sa qualité d'assureur de M. B C, de ses protestations et réserves quant à la demande d'expertise.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Les mesures d'expertise demandées par le département des Ardennes entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur l'intervention de la SMABTP :
3. La SMABTP intervient volontairement à l'instance en qualité d'assureur dommages-ouvrages et d'assureur responsabilité CNR du département des Ardennes. En l'espèce, il y a lieu d'admettre l'intervention volontaire de cette société et de faire droit à sa demande tendant à mettre en cause les locateurs d'ouvrage dont la responsabilité est susceptible d'être engagée, à savoir M. B C, la société Egis Bâtiment Grand Est, la SARL MCI Thermiques, la société Apave ainsi que leurs assureurs, la Mutuelle des architectes français, la compagnie AXA Assurances, la compagnie Allianz venant aux droits de la compagnie Gan Eurocourtage Iard, la compagnie Groupama Nord Est et la compagnie Lloyd's de Londres.
Sur la demande de la société Eurovia Champagne-Ardenne tendant à sa mise hors de cause :
4. La société Eurovia Champagne-Ardenne fait valoir que sa mise en cause n'est pas utile dès lors que les désordres allégués par le département des Ardennes ne concernent pas le lot " VRD/Terrassement " dont elle était titulaire.
5. La mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties. Il y a lieu, dès lors, d'attraire aux opérations d'expertise la société Eurovia Champagne-Ardenne qui a participé à la réalisation des travaux litigieux.
Sur la demande présentée au titre des dispositions de l'article L.761-1 du Code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande formulée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, présentée par la société Eurovia Champagne-Ardenne.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la SMABTP est admise.
Article 2 : M. E D, demeurant 16 bis rue de Neufchâtel à Menneville (02) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres visés dans la requête qui affectent le collège d'Attigny, en indiquant leur date d'apparition ;
2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, aux conditions de direction ou de surveillance du chantier, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;
5°) donner son avis motivé sur la demande chiffrée présentée par les parties tendant à l'évaluation du coût des travaux ;
6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert :
- avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise ;
- recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 6 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires avant le 28 février 2024. L'expert notifiera lui-même les copies aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Les conclusions présentées par la société Eurovia Champagne-Ardenne, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée au département des Ardennes, à la société Eurovia Champagne-Ardenne, à la société Eiffage Construction Bourgogne Franche Comté, à la société Goudalle Charpente, à la société Soprema entreprises, à la société établissements Warsmann, à la société Serrurerie Frechin, à la société Lempereur, à la société Façon plâtre, à la société Axima Concept, à la société D.G. Corpo.Bat, à la société Serec, à la société Nouansport, à l'EURL Jean-Philippe Thomas architectes, à la SMABTP, à M. B C, à la société Egis Bâtiments Grand Est, à l'EURL MCI Thermiques, à la SA Apave, à la Mutuelle des Architectes Français, à la SA AXA France Iard, à la SA Allianz Iard, à la société Groupama Nord Est, à la SAS les souscripteurs du Lloyd's de Londres et à M. E D, expert.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026