mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GAFFURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Gaffuri, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel la préfète de l'Aube a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous une astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est dépourvu d'examen particulier et approfondi de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'erreur de fait dès lors que le traitement contre le diabète qu'elle nécessite n'est pas disponible en Tunisie sans aucun autre substitutif disponible ;
- il méconnait les dispositions des articles L.435-1 et L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale du fait de l'illégalité de la décision rejetant sa demande de titre de séjour ;
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par une décision du 3 juillet 2024, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Michel Soistier, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante tunisienne, est entrée régulièrement sur le territoire français le 30 décembre 2015, munie d'un visa de court séjour multi-entrées valable du 1er décembre 2015 au 28 mai 2016. Par un arrêté du 23 avril 2024, la préfète de l'Aube, se fondant sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 5 mars 2024, a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Par la présente requête, l'intéressée demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté précité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale' d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ".
3. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Pour rejeter sa demande de titre de séjour portant la mention " étranger malade ", la préfète de l'Aube s'est fondée sur un avis du collège des médecins de l'OFII du 5 mars 2024 qui indique que le défaut de prise en charge médicale de Mme A peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais que toutefois, l'offre de soins dans son pays d'origine, vers lequel elle peut voyager sans risque, lui permet de bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Mme A, dans sa requête, levant le secret médical, fait valoir souffrir d'hypertension artérielle, de dyslipidémie, de la maladie de Parkinson ainsi que d'un diabète de type 2 qui ne peut être stabilisée que par des injections hebdomadaires de " Trulicity 1.5 mg ", médicament qui n'est pas disponible en Tunisie. Elle produit, pour établir ses dires, une attestation émanant d'un médecin spécialiste tunisien en diabétologie. Il ressort également des pièces du dossier que deux ordonnances de médecins spécialistes de l'hôpital universitaire Ibn el Jazzar, tous deux exerçant à Kairouan en Tunisie, font également le même constat concernant son traitement pour le diabète. Si la préfète de l'Aube oppose que les certificats médicaux produits par la requérante sont postérieures à la date de la décision attaquée et ne permettent pas d'infirmer l'avis du collège des médecins de l'OFII, toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'ils font état de circonstances de faits concomitantes avec la date de la décision attaquée. La préfète ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les attestations produites par l'intéressée. Dès lors, Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que la préfète de l'Aube a rejeté sa demande de titre de séjour présentée au titre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 23 avril 2024 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif qui fonde cette annulation, il est enjoint à la préfète de l'Aube de délivrer à Mme A un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement, avec dans l'attente, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de dix jours à compter de cette même date.
Sur les frais d'instance :
7. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gaffuri, avocate de Mme A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gaffuri la somme de 1 200 euros.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 23 avril 2024 de la préfète de l'Aube est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Aube de délivrer à Mme A un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de dix jours à compter de cette même date.
Article 3 : L'Etat versera à Me Gaffuri, avocat de Mme A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gaffuri renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Gaffuri et à la préfète de l'Aube.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
M. Michel Soistier, premier conseiller,
M. Oscar Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
M. SOISTIER
Le président,
O. NIZETLa greffière,
I.DELABORDE
N° 2401194
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026