lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024 sous le n° 2401251, M. C D A, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel la préfète de l'Aube l'a assigné à résidence dans le département de l'Aube pour une durée de 45 jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la préfète de l'Aube ne justifie d'aucune perspective raisonnable à son éloignement ;
- l'arrêté contesté est entaché d'erreur matérielle dès lors qu'il dispose d'un passeport en cours de validité qui lui permet d'exécuter la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;
- la mesure d'assignation à résidence porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir dans la mesure où il réside habituellement en Italie, pays où il dispose d'une carte de séjour et dans lequel il est gérant d'une société, cette mesure le contraignant à rester en France sans pouvoir regagner l'Italie.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Aube qui a produit des pièces enregistrées le 30 mai 2024.
II. Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024 sous le n° 2401252, M. C D A, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel la préfète de l'Aube l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans, a fixé le pays de renvoi et a procédé à son signalement dans le système d'information Schengen ;
2°) d'ordonner à la préfète de l'Aube de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est entré sur le territoire français le 17 mai 2024 sous couvert d'une carte de résident de longue durée - UE délivrée par les autorités italiennes et ne se trouvait dès lors pas en situation irrégulière sur le territoire français ;
- étant titulaire d'une carte de résident de longue durée - UE délivré par les autorités italiennes, il ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français mais seulement d'une mesure de réadmission ;
- son comportement n'est pas constitutif d'une menace pour l'ordre public ;
- il a exécuté la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 16 mars 2022 ;
- la décision portant refus de départ volontaire repose sur des faits matériellement inexacts dès lors qu'il a exécuté la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet ;
- il justifie de garanties de représentation dès lors qu'il est titulaire d'un passeport en cours de validité ainsi que d'une carte de résident de longue durée - UE délivrée par les autorités italiennes et qu'il dispose d'une résidence effective et permanente en France ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Aube qui a produit des pièces enregistrées le 30 mai 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- la directive n°2008/115/CE du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Torrente, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés aux articles L. 614-7 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, magistrat désigné,
- les observations présentées pour M. A par Me Garrigue, substituant Me Calvo Pardo, qui reprend à l'oral les moyens et conclusions contenus dans les requêtes et ajoute que le requérant est titulaire d'une carte de résident de longue durée - UE délivrée par les autorités italiennes, pays dans lequel il a une société spécialisée dans le bâtiment et depuis lequel il fait souvent des allers-retours avec la France où réside sa femme et ses enfants qui y sont scolarisés ; contrairement à ce qui est indiqué dans l'arrêté attaqué, il a exécuté la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet ; il séjourne en France depuis son retour de vacances, le 17 mai ; à l'occasion de la garde à vue dont il a fait l'objet, et qui n'a pas donné lieu à des poursuites pénales, il a fourni le mauvais document d'identité délivré par les autorités italiennes, étant précisé qu'on ne l'a pas interrogé sur son droit au séjour en France ; il n'a jamais fait l'objet d'une condamnation ; il est contradictoire de l'assigner à résidence au même domicile que sa femme tout en lui opposant les violences conjugales dont il se serait rendu coupable pour caractériser que son comportement est constitutif d'une menace pour l'ordre public ; sa carte de résident de longue durée - UE lui permet de rester sur le territoire français pour une durée de trois mois ; en tout état de cause, il pouvait seulement faire l'objet d'une procédure de réadmission à destination de l'Italie et non d'une obligation de quitter le territoire français ; la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans est disproportionnée, la mention au système d'information Schengen qui s'en infère le privant de toute possibilité de retour en Italie ; l'assignation à résidence l'empêche de retourner en Italie et porte ainsi atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
- les observations de M. A, assisté de M. B, interprète en langue arabe, qui précise qu'il est revenu de vacances et s'apprête à retourner en Italie pour son travail et ne comprend pas la raison pour laquelle les policiers sont intervenus chez lui à 23h, en présence de sa femme et de ses enfants, pour le placer en garde à vue.
La préfète n'étant ni présente ni représentée, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2401251 et n° 2401252, présentées pour M. A présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. A, ressortissant égyptien né le 2 octobre 1978, est entré sur le territoire français en 2009 selon ses déclarations. Le 19 janvier 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 16 mars 2022, dont la légalité a été confirmée par un jugement du présent tribunal du 24 juin 2022, le préfet de l'Aube a rejeté sa demande et a pris une première mesure d'éloignement à son encontre. Le 26 mai 2024, il a été interpellé par les services de la gendarmerie nationale pour des faits de violences conjugales et intrafamiliales et placé en garde à vue le lendemain. Par des arrêtés du 27 mai 2024, dont M. A demande l'annulation, la préfète de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans, a fixé le pays de destination et l'a assigné à résidence dans le département de l'Aube pour une durée de 45 jours.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ". Aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. ". Selon l'article L. 621-4 de ce code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne l'étranger, détenteur d'un titre de résident de longue durée - UE en cours de validité accordé par cet Etat, en séjour irrégulier sur le territoire français. / Les conditions d'application du présent article sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. ".
4. Aux termes de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties contractantes sont tenus de se déclarer, dans des conditions fixées par chaque Partie contractante, aux autorités compétentes de la Partie contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. / / 2. Les étrangers résidant sur le territoire de l'une des Parties contractantes et qui se rendent sur le territoire d'une autre Partie contractante sont astreints à l'obligation de déclaration visée au paragraphe 1. () ". Aux termes de l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 621-4, l'étranger souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français mentionnée à l'article L. 621-3 auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services des douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. A cette occasion, il lui est remis un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage. / Les modalités d'application du présent article, et notamment les mentions de la déclaration et son lieu de souscription, sont fixées par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de l'immigration. ". Aux termes de l'article R. 621-4 du même code : " N'est pas astreint à la déclaration d'entrée sur le territoire français l'étranger qui se trouve dans l'une des situations suivantes : / 1° N'est pas soumis à l'obligation du visa pour entrer en France en vue d'un séjour d'une durée inférieure ou égale à trois mois ; / 2° Est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, délivré par un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 ; toutefois un arrêté du ministre chargé de l'immigration peut désigner les étrangers titulaires d'un tel titre qui demeurent astreints à la déclaration d'entrée. ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 9 mars 1995 relatif à la déclaration d'entrée sur le territoire : " () Déclaration d'entrée sur le territoire français / Cette déclaration concerne les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne qui sont soumis à l'obligation de visa pour entrer en France en vue d'un court séjour et qui ne sont pas titulaires d'un titre de séjour d'une durée supérieure ou égale à un an délivré par l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas ou le Portugal. () ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'union européenne qui est entré en France en provenance d'un Etat partie à la convention de Schengen doit souscrire une déclaration d'entrée, exception faite des étrangers titulaires d'un titre de séjour d'une durée supérieure ou égale à un an délivré par un Etat partie à la convention de Schengen, sous réserve des cas mentionnés à l'arrêté du 9 mars 1995. Il ressort de cet arrêté que l'exemption de déclaration prévue à l'article R. 621-4 ne concerne pas les ressortissants égyptiens, soumis à l'obligation de visa pour entrer en France pour un court séjour, qui sont titulaires d'un titre de résident de longue durée - UE délivré par l'Italie.
5. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que la préfète de l'Aube a décidé d'obliger M. A à quitter le territoire français au motif qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français en 2009 et s'y est maintenu depuis, en dépit d'une première mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 16 mars 2022 et qu'il n'a ensuite entamé aucune démarche pour régulariser sa situation administrative.
6. Si M. A justifie avoir exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre le 16 mars 2022, qu'il est titulaire d'un titre de résident de longue durée - UE délivrée par l'Italie le 5 septembre 2019 pour une durée illimitée et qu'il n'est retourné en France que le 17 mai 2024, il ne démontre ni même n'allègue avoir procédé à la déclaration préalable d'entrée sur le territoire français exigée par l'article 22 de la convention de Schengen. Il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir qu'il ne se trouvait pas en situation irrégulière sur le territoire français à la date de la décision attaquée.
7. Toutefois, d'une part, aux termes du point 1 de l'article 12 de la directive du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée : " Les États membres ne peuvent prendre une décision d'éloignement à l'encontre d'un résident de longue durée que lorsqu'il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique ".
8. Ainsi que l'a jugé la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, 14 mars 2024, EP c/ Maahanmuuttovirasto, aff. C 752/22), il résulte de ces dispositions précises et inconditionnelles qu'un ressortissant d'un pays tiers titulaire d'un titre de résident de longue durée-UE en cours de validité accordé par un Etat membre de l'Union européenne ne peut faire l'objet d'une décision d'éloignement en dehors du territoire de l'Union européenne par un autre Etat membre, mais peut seulement faire l'objet d'une décision de retour à destination de l'Etat membre ayant accordé ce titre, hormis le cas où il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique.
9. D'autre part, selon le point 4 de l'article 3 de la directive du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, constitue une décision de retour " une décision ou un acte de nature administrative ou judiciaire déclarant illégal le séjour d'un ressortissant d'un pays tiers et imposant ou énonçant une obligation de retour ".
10. Comme l'a jugé la Cour de Justice de l'Union européenne, il ressort du libellé même du point 4 de l'article 3 de la directive 2008/115 que le fait d'imposer ou d'énoncer une obligation de retour constitue un des deux éléments constitutifs d'une décision de retour, une telle obligation de retour ne pouvant se concevoir, au vu du point 3 de cet article, sans l'identification d'une destination, qui doit être l'un des pays visés à ce point 3 (CJUE, 14 mai 2020, FMS, FNZ et SA, SA junior, aff. C-924/19 et C-925/19, §115).
11. La préfète de l'Aube, qui n'a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas que M. A bénéficie du statut de résident longue durée-UE. Il ne pouvait donc légalement faire l'objet d'une décision de retour à destination de l'Egypte, notion qui intègre, pour l'application du droit de l'Union européenne et ainsi qu'il a été dit au point 10, tant la décision portant obligation de quitter le territoire français que la décision fixant le pays de renvoi, hormis le cas où il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique.
12. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que la préfète de l'Aube a considéré que le comportement de M. A constituait une menace pour l'ordre public au sens du 5° de l'article L. 611-1 précité en se basant sur la circonstance que l'intéressé a été interpellé le 26 mai 2024 par les services de la gendarmerie nationale pour des faits de violences conjugales. Toutefois, alors que l'intéressé conteste la matérialité de ces faits, la préfète de l'Aube se borne à produire la fiche de renseignement administrative renseignée à l'occasion de la garde à vue dont il a fait l'objet, ce document ne comportant aucune information permettant de déterminer les circonstances exactes des faits qui lui sont reprochés. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ferait l'objet de poursuites judiciaires à raison de ces faits. Ainsi, cette seule circonstance ne peut suffire à établir que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, l'intéressé est fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français en direction de l'Egypte, la préfète de l'Aube a commis une erreur de droit.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant refus d'accorder un délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence, lesquelles sont dépourvues de base légale.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
14. D'une part, aux termes de l'article 96 de de la convention d'application de l'accord de Schengen : " 1. Les données relatives aux étrangers qui sont signalés aux fins de non-admission sont intégrées sur la base d'un signalement national résultant de décisions prises, dans le respect des règles de procédure prévues par la législation nationale, par les autorités administratives ou les juridictions compétentes. () / 3. Les décisions peuvent être également fondées sur le fait que l'étranger a fait l'objet d'une mesure d'éloignement, de renvoi ou d'expulsion non rapportée ni suspendue comportant ou assortie d'une interdiction d'entrée, ou, le cas échéant, de séjour, fondée sur le non-respect des réglementations nationales relatives à l'entrée ou au séjour des étrangers. ".
15. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français en litige, implique nécessairement que l'administration procède à l'effacement des données personnelles de M. A enregistrées dans le système d'information Schengen et à son signalement aux fins de non-admission qui résultent de cette interdiction. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Aube d'y faire procéder dans un délai de quinze à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 27 mai 2024 par lesquels la préfète de l'Aube a fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans, a fixé le pays de destination et l'a assigné à résidence dans le département de l'Aube pour une durée de 45 jours, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Aube de faire procéder à l'effacement du signalement de M. A aux fins de non-admission résultant de l'interdiction de retour dans le système d'information Schengen, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié M. C D A et à la préfète de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
V. TORRENTELa greffière,
Signé
S. VICENTE
Nos 2401251 et 2401252
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026