LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401316

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401316

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401316
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantAIRIAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juin 2024 complétée par un mémoire enregistré le 6 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Airiau, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités portugaises ;

3°) d'annuler l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours renouvelable trois fois en lui faisant obligation de se présenter accompagnée de son fils les mercredis, entre 8 heures et 9 heures au commissariat de police d'Epernay ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Concernant la décision de transfert :

- elle est signée d'une autorité incompétente ;

- elle est intervenue en méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- elle est intervenue en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- les autorités françaises étaient compétentes pour examiner la demande d'asile par application de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;

Concernant la décision d'assignation à résidence :

- elle est signée d'une autorité incompétente :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la decision de transfert ;

- elle est entachée d'erreur de droit en prévoyant d'emblée son renouvellement ;

- elle est disproportionnée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 11 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Deschamps, président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Deschamps a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Le magistrat désigné a informé les parties que, dans l'hypothèse où il serait fait droit aux conclusions à fin d'annulation de la décision de transfert, la juridiction était susceptible de faire usage des pouvoirs d'injonction d'office qu'elle tient des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative en enjoignant à la préfète du Bas-Rhin de délivrer à Mme B une attestation de demande d'asile.

1. Mme B, ressortissante angolaise, s'est vu délivrer le 1er février 2024 par la préfète du Bas-Rhin une attestation de demandeur d'asile. La consultation du fichier VIS a révélé qu'elle était titulaire d'un visa délivré par les autorités portugaises valable jusqu'au 21 janvier 2024. Le 3 avril 2024, ces dernières ont accepté de la reprendre en charge. Par les arrêtés attaqués du 7 mai 2024, la préfète du Bas-Rhin a d'une part ordonné sa remise aux autorités portugaises, regardées comme responsables de l'examen de sa demande d'asile, et d'autre part prononcé son assignation à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours renouvelable trois fois en lui faisant obligation de se présenter le mercredi, sauf les jours fériés, entre 8 heures et 9 heures au commissariat de police d'Epernay.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 7 mai 2024 prononçant le transfert de la requérante aux autorités portugaises et son assignation à résidence :

3. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ".

4. Si Mme B est enceinte de huit mois, les dispositions de l'article 29 du règlement du 26 juin 2013 prévoient l'exécution du transfert dans un délai maximal de six mois, soit après la naissance de l'enfant à venir. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante est également mère d'un enfant de cinq ans pour lequel une consultation médicale du 4 avril 2024, dont le compte-rendu circonstancié est produit à l'instance, a relevé des retards dans les apprentissages, et notamment un retard de langage et des mouvements de type balancement qui " évoque[nt] probablement des troubles du spectre autistique pour lequel il va avoir besoin d'être pris en charge et d'en faire le diagnostic ". Dans le contexte particulier de la vulnérabilité de cet enfant, dont la requérante avait fait état lors de l'entretien individuel, et en l'absence de tout élément permettant d'éliminer tout doute sérieux concernant l'impact du transfert sur l'état de santé de l'enfant, la préfète a entaché la décision d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la faculté d'instruire la demande d'asile de la requérante en France en application des dispositions du 1 de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 citées au point précédent. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision de transfert doit être annulée.

5. Par voie de conséquence, l'arrêté assignant à résidence Mme B dans le département de la Marne pour une durée de quarante-cinq jours doit également être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Eu égard au motif de l'annulation de la décision de transfert de Mme B vers le Portugal, cette annulation implique nécessairement que les autorités françaises soient responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui faire délivrer, le temps de cet examen, une attestation de demande d'asile justifiant de l'examen par les autorités françaises de la demande d'asile de l'intéressée et de fixer à un mois à compter de la notification du présent jugement, le délai de délivrance de cette attestation. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

7. Mme B a été admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Airiau, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement

à Me Airiau de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les arrêtés de la préfète du Bas-Rhin du 7 mai 2024 sont annulés.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Airiau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Airiau une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à Mme B.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Steven Airiau et à la préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

A. DESCHAMPS

La greffière,

Signé

S. VICENTE

N°2401316

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions