mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401363 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2024, M. B A, représenté par Me David, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision prise le 3 juin 2024 par l'adjoint au chef de détention du centre pénitentiaire de Troyes-Lavau lui infligeant vingt jours de cellule disciplinaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 3 600 €, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, à titre subsidiaire, si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordé, le versement à son profit de cette même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée qui :
- est fondée sur des comptes-rendus d'incident, un acte de poursuite, et un rapport d'enquête irréguliers ;
- est insuffisamment motivée ;
- il n'est pas justifié de la composition régulière de la commission de discipline ;
- il est porté atteinte aux droits de la défense et à son droit à un procès équitable ;
- les faits reprochés ne sont pas établis et la sanction est disproportionnée.
Vu :
- la requête enregistrée le 10 juin 2024 sous le n° 2401364 par laquelle M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 3 juin 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nizet, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est incarcéré au centre pénitentiaire de Troyes-Lavau. Par une décision du 3 juin 2024 l'adjoint au chef de détention du centre pénitentiaire de Troyes-Lavau lui a infligé vingt jours de cellule disciplinaire. Par sa requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. En l'absence, d'une part, de demande d'aide juridictionnelle enregistrée au bureau d'aide juridictionnelle au jour de la présente ordonnance, et alors que, d'autre part, il n'y a pas, dans les circonstances de l'espèce, d'utilité à accorder, à titre provisoire, l'aide juridictionnelle à M. A, les conclusions présentées par M. A tendant à son admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2024 :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
5. Aucun des moyens invoqués par M. A à l'encontre de la décision en litige n'est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me David.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 12 juin 2024.
Le juge des référés,
O. NIZET
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