vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL FOSSIER-NOURDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 et 26 juin 2024, la société par actions simplifiée Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 mars 2024 par lequel le maire de Chouilly s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 31 août 2023 pour l'implantation d'une antenne relais de radiotéléphonie sur un terrain sis lieu-dit " Les Terres de Germinon " à Chouilly ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au maire de Chouilly de lui délivrer une décision de non-opposition, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa déclaration préalable et de prendre un arrêté, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chouilly la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors que la requête aux fins d'annulation a été produite ;
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de l'intérêt public qui s'attache au déploiement du réseau de téléphonie mobile ; la société Free Mobile a une obligation de couverture de 98% de la population métropolitaine par ses installations d'ici janvier 2027 et de 99,6% d'ici décembre 2030 pour la 4G ; elle a une obligation d'assurer l'accès à son réseau 5G à partir de 3 000 sites à compter du 31 décembre 2022, à partir de 8 000 sites à compter du 31 décembre 2024 et à partir de 10 500 sites à compter du 31 décembre 2025 ainsi que l'obligation de couvrir le réseau autoroutier et les liaisons principales à compter du 31 décembre 2027 ; l'exécution de l'arrêté porte une atteinte grave et irréversible aux intérêts propres de la société Free Mobile ; le projet a pour objet de couvrir une partie du territoire et de la population de la commune non couverte par ses réseaux 3G, 4G et 5G ; aucune obligation de mutualisation ne résulte du code des postes et des communications électroniques ; l'implantation d'une antenne relais sur le territoire de la commune d'Oiry, située à 5km de la parcelle d'assiette du projet, n'a pas eu d'incidence sur l'absence de couverture ayant vocation à être résorbée ; elle n'a pas atteint les objectifs fixés en matière de sites pour la 5G ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté ;
- l'existence d'une servitude d'utilité publique ne peut être opposée à une demande d'autorisation d'urbanisme que si elle est annexée au plan local d'urbanisme ou si elle est publiée sur le portail national de l'urbanisme en application de l'article L. 152-7 du code de l'urbanisme ; la servitude opposée n'est ni prévue par le plan local d'urbanisme, ni référencé sur le site Géoportail ; la station relais de téléphonie mobile, qui ne constitue pas une construction au sens du lexique national d'urbanisme, n'entre pas dans le champ des interdictions visées par la servitude d'utilité publique ; l'installation d'une station relais de téléphonie mobile, par sa faible emprise, ne constitue pas une activité polluante au regard de la zone de captage d'eau concernée par les périmètres de protection ;
- il méconnaît les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme qui autorisent les constructions nécessaires au fonctionnement des services publics ; le secteur Ac correspondant au périmètre de protection du captage d'eau potable interdit uniquement les constructions non nécessaires aux besoins des services publics ou ne présentant pas d'intérêt collectif ;
- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'il méconnaît l'autorité de la chose décidée par l'ordonnance du juge des référés du 27 février 2024 et dès lors que le projet ne porte pas atteinte aux lieux environnants ;
- les motifs ayant justifié la décision d'opposition étant infondés, il doit être enjoint au maire de Chouilly de délivrer une décision de non-opposition ou, à titre subsidiaire, de procéder à l'instruction de la déclaration préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, la commune de Chouilly, représentée par Me Nourdin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Free Mobile la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de production de la requête en annulation conformément à l'article R. 522-1 du code de justice administrative ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dans la mesure où la société requérante ne justifie pas de son intérêt propre ou de l'intérêt général à implanter une antenne sur le territoire de la commune en se bornant à renvoyer à des liens vers des documents en ligne ; l'antenne ne permettra pas une couverture 5G des habitations de la commune de Chouilly ; l'antenne pourrait être mutualisée dans l'intérêt public et le respect des obligations des opérateurs imposées par l'Etat ; les cartes de couverture produites datent du 31 août 2023 alors que la société requérante exploite depuis le 13 mai 2024 un réseau 4G à Oiry, lequel est de nature à avoir des incidences sur la commune de Chouilly ; la société requérante a déjà dépassé ses objectifs en matière de couverture 5G ; elle ne justifie pas que l'absence d'implantation de cette seule antenne serait de nature à compromettre gravement son activité et ses engagements ;
- la servitude d'utilité publique résultant de l'instauration de périmètre de protection des eaux prévue par l'article 7 de l'arrêté du 20 juin 2003 est opposable en application de l'article L. 152-7 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle a été annexée au plan local d'urbanisme le 12 décembre 2007 ; la parcelle Z 613 se situe dans le périmètre de protection rapprochée des captages d'eau au sein duquel sont interdites les constructions autres que celles strictement nécessaires à l'exploitation et à l'entretien des points d'eau ;
- les règles afférentes à la servitude d'utilité publique sont d'ordre public et prévalent sur les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme ; le terrain d'assiette du projet est situé en zone A et non dans le secteur Ac ;
- l'arrêté ne méconnaît pas l'autorité de la chose décidée attachée à l'ordonnance du juge des référés ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme eu égard à sa co-visibilité avec le Mont-Bernon, site classé et inscrit au titre de la loi du 2 mai 1930, et avec les Coteaux historiques, inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco et à sa proximité avec la route touristique du Champagne ; l'ensemble du secteur est inscrit en tant que zone d'engagement des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne inscrits au titre du patrimoine mondial, qui revêt un caractère exceptionnel.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2401281 tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 mars 2024 du maire de Chouilly.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Mach, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mach, juge des référés,
- les observations de Me Candelier, représentant la société Free Mobile, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Nourdin, représentant la commune de Chouilly, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé le 31 août 2023 auprès de la commune de Chouilly un dossier de déclaration préalable en vue de l'implantation d'une antenne relais de radiotéléphonie sur un terrain situé lieudit " Les Terres de Germinon " à Chouilly. Par un arrêté du 2 novembre 2023, le maire de Chouilly s'est opposé à la déclaration préalable. Par une ordonnance n° 2400232 du 27 février 2024, le juge des référés du présent tribunal a suspendu l'exécution de l'arrêté du 2 novembre 2023 du maire de Chouilly et a enjoint au maire de Chouilly de procéder à une nouvelle instruction de la déclaration préalable de la société Free Mobile dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance. Par un arrêté du 29 mars 2024, le maire de Chouilly s'est opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête, la société Free Mobile demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 mars 2024 du maire de Chouilly.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
4. Il résulte de l'article 7, activité 10, de l'arrêté du préfet de la Marne du 20 juin 2003 de déclaration d'utilité publique relative à la définition des périmètres de protection des captages de communauté en eau potable, situés au lieudit " Le Grand Briquet " à Chouilly, qu'est interdit, dans le périmètre de protection rapprochée du captage d'eau, l'établissement de tout nouveau projet de constructions superficielles ou souterraines, même provisoires et autres que celles qui s'avèrent nécessaires à l'exploitation et à l'entretien des points d'eau.
5. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour s'opposer à la déclaration préalable, le maire de Chouilly s'est fondé sur deux motifs tirés, d'une part, de la méconnaissance par le projet de l'interdiction de construction prévue à l'article 7, activité 10, de l'arrêté du préfet de la Marne du 20 juin 2003 de déclaration d'utilité publique relative à la définition des périmètres de protection des captages de communauté en eau potable, situés au lieudit " Le Grand Briquet " à Chouilly et, d'autre part, de l'atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants en méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
6. Les moyens tirés de ce que le maire de Chouilly a méconnu l'autorité de la chose ordonnée sur le motif tiré de l'atteinte portée au caractère et à l'intérêt des lieux environnants et a entaché son arrêté d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme sont propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
7. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les moyens tirés de ce que la servitude d'utilité publique prévue à l'article 7, activité 10, de l'arrêté du préfet de la Marne du 20 juin 2003 n'est ni opposable ni applicable au projet et de ce que l'arrêté litigieux méconnaît les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme ne sont pas de nature à faire naître un tel doute.
8. Dans ces conditions, le premier motif opposé par le maire de Chouilly et tiré de la méconnaissance par le projet de l'interdiction de toute construction prévue à l'article 7, activité 10, de l'arrêté du préfet de la Marne du 20 juin 2003 de déclaration d'utilité publique relative à la définition des périmètres de protection des captages de communauté en eau potable, situés au lieudit " Le Grand Briquet " à Chouilly paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier légalement l'arrêté litigieux. Il résulte de l'instruction que le maire de Chouilly aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce seul motif. Le doute sérieux entachant la légalité du second motif mentionné ci-dessus ne saurait, par suite, justifier la suspension de l'exécution de l'arrêté litigieux.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Chouilly et de se prononcer sur la condition d'urgence, que la société Free Mobile n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 mars 2024 par lequel le maire Chouilly s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée et, par voie de conséquence, à demander la délivrance d'une décision de non-opposition ou le réexamen de sa déclaration préalable.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chouilly, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Free Mobile demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Free Mobile le versement à la commune de Chouilly de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 2 : La société Free Mobile versera à la commune de Chouilly la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Free Mobile et à la commune de Chouilly.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 28 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
A-S MACH
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026