mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401423 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | R |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, Mme A B, représentée
par Me Typhaine Elsaesser, demande au juge des référés, statuant sur le fondement
des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension des effets de la décision du 17 avril 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil ;
3°) à titre principal d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de la rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai
de huit jours sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification
du jugement à intervenir ;
4°) à titre subsidiaire d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours sous astreinte de cent euros par jour
de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration
une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 avril 1991, ou à la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle lui serait refusée.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie en raison de la précarité matérielle dans laquelle
elle-même et ses deux enfants se trouvent, privée d'hébergement et de ressources,
et de sa situation de détresse psychologique ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée pour les motifs suivants :
1°) elle n'est pas motivée ;
2°) elle n'a pas pu faire valoir ses observations ;
3°) sa vulnérabilité n'a pas été évaluée par un agent qualifié de l'OFII ;
4°) la décision n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;
5°) elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits ;
6°) elle méconnait les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
7°) elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits
de l'homme et des libertés fondamentales ;
8°) elle méconnait l'intérêt supérieur de l'enfant ;
9°) elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la situation ;
10°) elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences
sur sa situation personnelle ;
11°) la mesure est disproportionnée.
Vu la requête n°2401422 enregistrée le 14 juin 2024 par laquelle
Mme A B, représentée par Me Elsaesser, demande au tribunal d'annuler la décision du 17 avril 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé
la cessation des conditions matérielles d'accueil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes
de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate,
à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies
par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances
de l'affaire.
4. Mme B, ressortissante kosovare qui dit être entrée en France
le 19 janvier 2024 accompagnée de ses deux enfants nés le 22 juin 2018 et le 19 août 2022, a déposé une demande d'asile et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil, et notamment d'un hébergement dans un premier temps à Eckbolsheim (Bas-Rhin) puis au centre d'accueil pour demandeurs d'asile ADOMA de Revin (Ardennes). Disant craindre d'être retrouvée, dans ce second lieu, par son mari et de subir de sa part des menaces et des persécutions, elle a quitté ce lieu d'hébergement le 15 mars 2024 pour retourner à Strasbourg. Contrairement
à ce qu'elle soutient, le courrier dont elle demande l'annulation n'a pas pour objet de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil, mais uniquement de recueillir ses observations
dans la perspective d'une telle mesure et de lui proposer, dans l'attente, un nouveau lieu d'hébergement auprès de la Croix Rouge Française à Reims. Elle n'est ainsi pas fondée à invoquer une situation de précarité qui résulterait d'une absence de logement. Dans ces conditions, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B
et à Me Typhaine Elaesser.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 19 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
A. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026