vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401521 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. A C, représenté par Me Gabon, demande aux juges des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code
de justice administrative :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard un récépissé de demande de titre
de séjour assorti d'une autorisation de travail ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard une carte de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application
des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'extrême urgence est satisfaite dès lors qu'il ne peut pas s'inscrire pour suivre des études supérieures et bénéficier d'une bourse ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'éducation et à sa liberté d'aller et venir en l'absence de délivrance d'un récépissé de sa demande de titre
de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. M. C, qui est déjà représenté par un avocat, a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, compte tenu
de l'urgence, de prononcer l'admission de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.
Sur le surplus des conclusions :
3. M. C, ressortissant arménien né le 27 octobre 2002, déclare être entré en France le 24 juin 2019. L'intéressé a suivi des études secondaires en France et a sollicité le 9 mars 2023 la régularisation de sa situation au regard de sa vie privée et familiale. Le préfet de la Marne a accusé réception de sa demande le 2 octobre 2023, sans pour autant lui en délivrer récépissé. Par la présente requête, M. C demande au tribunal,
sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 200 euros par jour un récépissé de sa demande de titre de séjour assortie
d'une autorisation de travail ainsi que le titre de séjour sollicité.
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale.
Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter
une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans
les quarante-huit heures.
6. Pour établir l'urgence à statuer sur sa demande dans un délai de quarante-huit heures, le requérant invoque la nécessité de disposer d'un titre de séjour, ou à tout le moins d'un récépissé de sa demande de titre de séjour, afin de pouvoir accéder à des études supérieures par inscription sur la plateforme Parcourssup. Toutefois, la date de clôture
de la formulation des vœux d'orientation sur cette plateforme a été fixée au 3 avril 2024. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. En l'absence d'urgence,
la requête doit ainsi être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement
des dispositions de l'article L. 761-1 du même code et de l'article 37 de la loi
du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 28 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. B
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