vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401522 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2024, M. F A B et Mme C G B, représentés par Me Mainnevret, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Marne de leur délivrer un récépissé les autorisant à séjourner sur le territoire français, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les documents qui leur ont été transmis constituent un courrier d'information ne mentionnant pas les éléments constitutifs d'un récépissé au sens de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de durée de validité et de timbre du service chargé de l'instruction ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'absence d'autorisation provisoire de séjour les place dans une situation juridique précaire et dès lors qu'ils ne peuvent travailler et se déplacer avec leurs enfants ;
- la délivrance d'un récépissé est nécessaire et utile dans la mesure où l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour et où elle permet de garantir leurs droits ;
- dans l'hypothèse où le préfet de la Marne produirait une copie d'un récépissé, leurs droits ne seraient pas garantis en l'absence de notification en main propre ou par voie postale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Mach, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et Mme G B, ressortissants algériens nés respectivement en 1985 et 1984, déclarent être entrés en France en 2016. Les intéressés ont sollicité le 15 avril 2024 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par la présente requête, M. A B et Mme G B demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de la Marne de leur délivrer un récépissé de demande de titre de séjour les autorisant à séjourner sur le territoire français.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A B et Mme G B ont chacun déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, laquelle a été reçue par les services de la préfecture de la Marne le 15 avril 2024. Par des courriers du 11 juin 2024, le préfet de la Marne a adressé à M. A B et à Mme G B un accusé de réception d'un dossier de demande de titre de séjour et les a informés que cette demande était susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre mois en mentionnant les voies et délais de recours contre cette décision ainsi qu'un certificat de dépôt d'une demande de titre de séjour mentionnant que " ce document autorise votre présence sur le territoire durant le temps d'instruction du dossier ". Ces documents sont revêtus de la signature de M. E D, chef de section au service de l'immigration et de l'intégration à la direction de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de la Marne ainsi que du timbre de ce service. Ces documents autorisent la présence de M. A B et de Mme G B pendant la durée de l'instruction de leur demande de titre de séjour, dont il leur a été rappelé qu'elle était de quatre mois, et fixent dès lors une durée. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces courriers n'ont pas une valeur d'information et satisfont aux caractéristiques du récépissé de demande de titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. A B et Mme G B, qui sont déjà titulaires de récépissés de demande de titre de séjour, ne sont pas fondés à demander à ce qu'il enjoint au préfet de la Marne de leur délivrer de tels récépissés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. A B et Mme G B ainsi que celles afférentes aux frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B et de Mme G B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F A B et à Mme C G B.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 12 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
A-S MACH
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